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Mardi 14 Novembre 2017 - 11:05

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Nous n’avons pas cessé de le répéter ces derniers mois de différentes façons : le Proche et le Moyen-Orient se trouvent au seuil d’une crise dont leurs gouvernants ne semblent guère mesurer l’ampleur. Si ceux-ci ne prennent pas très vite la mesure des risques que font courir à leurs peuples ce refus de regarder la vérité en face, ils plongeront tôt ou tard dans le chaos, la région tout entière.

L’opposition religieuse qui dresse les uns contre les autres Chiites et Sunnites, la guerre larvée entre l’Iran et l’Arabie Saoudite qui en découle, le conflit meurtrier qui ravage le Yémen, l’aggravation continue des tensions entre Israël et la Palestine, la rupture des relations de bon voisinage entre le Qatar et ses voisins du Golfe Persique, la volonté de la Turquie et de l’Irak de mettre au pas les Kurdes, le désordre qui règne toujours en Syrie malgré les victoires successives du régime de Bachar el-Assad, le désordre politique dans lequel s’enfonce jour après jour le Liban font de cette partie du monde la plus instable, la plus vulnérable, la plus dangereuse. À terme plus ou moins rapproché,  leur combinaison pourrait provoquer un choc planétaire d’autant plus destructeur que c’est de cette zone que provient toujours l’essentiel des matières premières énergétiques du globe.

L’inclination naturelle de l’homme à la violence ne pouvant qu’aggraver les crises auxquelles nous assistons, il est peu probable que la sagesse l’emporte dans les mois à venir sur la folie destructrice qui dresse les peuples les uns contre les autres au Proche et au Moyen-Orient. Aussi convient-il de se préparer à un choc dont le pire, c’est-à-dire de véritables génocides, pourrait surgir à brève échéance.

S’y préparer, d’abord, en se protégeant des ébranlements secondaires que ne manqueront pas d’avoir chez nous la conflagration qui se produira à deux  ou trois mille kilomètres, ébranlements dont tout près de nous la Centrafrique et la République démocratique du Congo donnent une idée précise. S’y préparer, ensuite, en mettant dès à présent en place les dispositifs industriels qui nous permettront de répondre à la demande de pétrole et de gaz que génèreront inévitablement les désordres qui pointent au Proche et au Moyen-Orient. S’y préparer, enfin, en observant avec plus d’attention encore la scène internationale et en incitant l’Union africaine à se prémunir contre les effets de l’ébranlement à venir. Comme toujours, mieux vaut prévenir que guérir !

 

 

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