Centrafrique : plusieurs groupes armés dans le nouveau gouvernement

Samedi 23 Mars 2019 - 13:10

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La nouvelle équipe gouvernementale, publiée le 22 mars par décret présidentiel, comprend plus de ministres issus des  groupes rebelles signataires de l’accord de Khartoum, ayant réclamé le remaniement.

Quatre membres des groupes armés signataires de l’accord de paix font ainsi leur entrée au gouvernement. Toutefois, la majorité de l’équipe gouvernementale annoncée début mars reste en place, notamment les ministres placés à la tête des portefeuilles régaliens.
Le chef rebelle à la tête du Front démocratique du peuple centrafricain, Abdoulaye Miskine, devient ministre de la Modernisation de l’administration et de l’innovation du service public. C’est le premier groupe armé à s’être retiré du premier gouvernement, annoncé début mars à l’issue de l’accord de paix.

Ce groupe avait ensuite bloqué plusieurs jours la route nationale, qui relie Bangui au Cameroun. Un représentant de l’Unité pour la paix en Centrafrique, Amadou Bi Aliou, devient ministre de l’Elevage et de la santé animale.
L’annonce du précédent gouvernement, prévu dans l’accord de paix négocié à Khartoum début février, avait soulevé une vague de protestations chez les groupes armés qui contrôlent une grande partie de la Centrafrique.

L’Union africaine (UA) avait alors convoqué, à son siège d’Addis-Abeba, une réunion de suivi entre les autorités et les quatorze groupes armés signataires de l’accord, pour tenter de le sauver. Au terme de cette rencontre, les signataires de l’accord de paix se sont entendus sur un nouveau gouvernement inclusif, avait annoncé l’UA.
« Les malentendus ont été aplanis, nous rentrons satisfaits des consultations », avait déclaré, le 21 mars, le Premier ministre, Firmin Ngrebada.
L’accord de Khartoum, signé le 6 février, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l’UA, est le huitième depuis le début de la crise marquée par le renversement, en mars 2013, du président François Bozizé.

Aucun des précédents accords n’avait abouti à un retour de la stabilité, pas plus que la présence de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique, déployée en 2014 et forte de onze mille Casques bleus.
Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, depuis 2013. Près d’un quart de ses 4,5 millions d’habitants a dû fuir les domiciles.
 

Yvette Reine Nzaba

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