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Congo: la fête a minima

Samedi 18 Août 2018 - 19:30

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Le 15 août, jour de la fête nationale du Congo, on était loin, cette année 2018, du grand format des éditions antérieures. Sur la liste des invités de marque, on s’est contenté de nos éminents hôtes locaux : ambassadeurs, chefs de missions diplomatiques et autres représentants d’organisations internationales. Ils vivent au jour le jour, chez nous, ce quotidien marqué par la crise économique et savent apprécier la nature des contraintes auxquelles la population est soumise ces quatre dernières années. Ils observent sans doute aussi les efforts mis en œuvre pour maintenir les équilibres à un niveau qui permette, comme le suggèrent les plus hautes autorités nationales, de ne pas perdre espoir.

Ce 15 août 2018, sur le boulevard Alfred-Raoul, pour parler exclusivement de ce qu’il s’est passé à Brazzaville, la capitale, la fête a été mieux encadrée. Très tôt le matin, pour faire dans les us protocolaires, les « mises en place » étaient terminées à tous les niveaux. On a vu, justement, les fonctionnaires du protocole national, polis, mais rigoureux, reprocher à certains corps constitués nationaux invités leur propension à ne pas se soucier de la notion d’heure. Nombreux parmi ceux qui étaient attendus à la tribune officielle, pour être arrivés tard sur les lieux, ont été conduits à la tribune secondaire. Auront-ils, peut-être, retenu que les choses ont changé ou sont en train de l’être ?

Ce 15 août encore, le temps de la parade militaire et de la procession civile a été moins long. Chez les hommes en uniforme de la force publique, plutôt bien vêtus, militaires, policiers, gendarmes, unités des douanes et des eaux et forêts ont fait dans la discipline qu’il convient. On a littéralement célébré les quatre parachutistes qui ont foulé de belle manière le sol du boulevard. L’émotion était aussi perceptible chez tous les paras, anciens et plus anciens, qui ont dû se rappeler leurs propres épreuves de sauts. Sur le banc des officiers généraux et supérieurs, sans doute a-t-on écouté les taquineries habituelles auxquelles ils se livrent en pareilles occasions et qui tournent pour l’essentiel autour des traditions de leurs différents corps de métiers.

Chez les forces vives de la nation, quand la fanfare militaire a laissé la main à celle de l’Eglise kimbanguiste habituée du lieu, les chansons engagées des années 1980, du temps de Sassou 1, comme on dit, ont rythmé leurs pas et distribué une part d’émotion parmi l’assistance. Un gamin de 5-6 ans, sa leçon du défilé séquencée apprise, a joué à décontenancer au pied de la tribune officielle. On dirait qu’il voulait monter là-haut, on pensait qu’il y tenait, on ne savait presque pas ses intentions. Puis l’ensemble de ses tours exécutés, en artiste accompli, il s’est prosterné pour saluer gentiment les autorités, arrachant au long de son passage des salves d’applaudissements. On a aussi beaucoup ri.  

Bien souvent aussi, la place du boulevard Alfred-Raoul donnait à voir un spectacle chaotique au moment du départ des autorités. Désormais, ministres, conseillers, parlementaires, hauts officiers de la force publique viennent tous en bus et repartent dans les mêmes conditions. Ce qui, peut-être, crée entre eux une ambiance bien amicale globalement avant qu’ils se séparent sur le lieu où ils avaient pris le départ pour la cérémonie.

En attendant que les choses s’améliorent encore davantage, l’édition 2018 de la fête nationale a donné le ton de ce que seront certainement les prochaines manifestations de ce moment de communion nationale. Le défilé du 15 août a une fois de plus montré, si besoin est, que les Congolais se reconnaissent dans leur drapeau tricolore, Vert-Jaune-Rouge, et voudraient cimenter l’unité nationale en sublimant les valeurs du travail et l’espérance du progrès.

Gankama N'Siah

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