Côte d’Ivoire : un nouveau gouvernement « de combat »

Mercredi 11 Juillet 2018 - 16:11

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a nommé le 10 juillet, une nouvelle équipe gouvernementale avant la présidentielle de 2020, largement dominée par sa formation politique et ouverte aux personnalités favorables à son projet de « grand parti unifié ».

Avant les élections municipales et régionales prévues en septembre, selon une source proche de la présidence, et surtout deux ans avant la présidentielle qui mobilise déjà toute la scène politique, le Rassemblement des républicains (RDR) du président Ouattara cherche à élargir ses soutiens, faute d’un accord avec son grand allié, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), pour former un parti unifié.

Dans un cabinet légèrement plus fourni - quarante et un ministres et secrétaires d’Etat, contre trente-quatre pour le précédent - mais sans grand changement, le président a reconduit les barons du RDR : Amadou Gon Coulibaly comme Premier ministre, Hamed Bakayoko à la Défense, Marcel Amon Tanoh aux Affaires étrangères et Kandia Kamara à l’Education nationale.

Albert Toikeusse Mabri, président de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire, est de retour au cabinet, avec le portefeuille de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Son parti s’est prononcé en mai pour la formation du parti unifié, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), voulu par le président Ouattara. Albert Toikeusse avait dû sortir du gouvernement en 2016 pour avoir refusé une alliance électorale avec le RDR.

Alassane Ouattara a gardé au gouvernement les ministres PDCI qui se sont déclarés favorables au RHDP, notamment Kobenan Kouassi Adjoumani qui a lancé un mouvement dissident à l’intérieur de son parti, voulant rassembler les pro-RHDP. Ce dernier conserve son portefeuille des Ressources animales et halieutiques.

Le gouvernement voit l’entrée notable d’un vice-président du PDCI, Eugène Aouélé Aka, comme ministre de la Santé.

Le PDCI ménagé

« C’est un gouvernement très politique, un gouvernement de combat avant la présidentielle de 2020 », pour le politologue Ousmane Zina. « Cela paraissait compliqué de se passer du PDCI vu son poids électoral. Alassane Ouattara ne tranche pas, il se donne du temps et il maintient le débat au sein du PDCI » sur la question du parti unifié.

Le président du PDCI, Henri Konan Bédié, s’oppose à la création du parti unifié, ce qui provoque une crise au sein de la coalition au pouvoir et qui a suscité la dissolution du gouvernement.

Henri Konan Bédié réclame à Alassane Ouattara un retour d’ascenseur pour la présidentielle de 2020 : que le RDR soutienne un candidat unique issu du PDCI, après que le PDCI avait soutenu Alassane Ouattara aux scrutins de 2010 et de 2015. Mais le RDR refuse.

Lors de la réunion de son bureau politique le 9 juillet, le RDR a même demandé au président Ouattara d’« accepter d’être le président du parti unifié » RHDP, lorsqu’il sera effectivement créé.

« C’est un gouvernement sans surprise », estime le politologue Jean Alabro, pour qui le président Ouattara « ménage le PDCI, en conservant notamment Thierry Tanoh, un fidèle de M. Bédié ».

Le politologue Pierre Dagbo Gode regrette pour sa part « l’immobilisme ». « Depuis 2011, ce sont toujours les mêmes qui s’échangent les portefeuilles. Pourquoi avoir dissous le précédent gouvernement ? », s’interroge-t-il, estimant que le nouveau cabinet aurait pu s’ouvrir à la société civile et aux femmes. 

 

 

 

 

 

Nestor N'Gampoula et l'AFP

Notification: 

Non