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Crise des partis et de la démocratie

Samedi 22 Septembre 2018 - 18:47

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Une lampe luciole en guise de logo, l’Union pour la démocratie et la République (UDR-Mwinda) soufflera ses vingt-six bougies, le 7 octobre prochain. Dans une ambiance qui ne prêtera peut-être pas à des réjouissances partagées, d’autant que la "guerre des chefs" qui ébranle ce parti depuis un moment ne semble pas sur le point de s’arrêter. La semaine dernière encore, deux de ses principaux dirigeants étaient montés au créneau comme on dit pour étaler à nouveau leur profond désaccord sur la marche à suivre pour garder la lampe allumée.  

Comme la plupart des formations politiques de l’arène congolaise, le parti fondé par André Milongo, Premier ministre du gouvernement de la transition post-Conférence nationale souveraine (juin 1991-août 1992), connaît une crise de croissance qui renseigne, en fin de compte, sur la nature difficilement quantifiable des progrès accomplis par la « jeune » démocratie congolaise à l’échelle des associations partisanes.

Lorsqu’il lance son parti à la fin de la transition, de laquelle lui-même s’en sort avec quelques difficultés (son gouvernement cumule trois mois d’arriérés de salaires des fonctionnaires de l’Etat), André Milongo a la conviction qu’il pourrait mieux faire, s’il est élu président de la République. On l’y attendait un peu moins si l’on tient compte des rumeurs (étaient-elles infondées ?) qui lui prêtaient une alliance stratégique avec son frère du coin, président du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI), Bernard Kolélas. De sorte donc que ce dernier l’ayant soutenu pour accéder à la primature de la transition, il eût la reconnaissance fraternelle de lui renvoyer l’ascenseur en appuyant sa candidature à la magistrature suprême.

Les choses se sont passées un peu autrement. Ya Milos (le petit nom politique d’André Milongo) se proclamant « candidat de l’espoir », voulut sans doute le partager avec ses compatriotes. Sa course à l’élection présidentielle le classa quatrième avec quelque 10% de suffrages exprimés. Puis il trouva, un peu sur le tard, terrain d’entente avec Ya Bekol (le petit nom politique de Bernard Kolélas) puisqu’il finit par appeler ses partisans à lui porter leurs voix au second tour du scrutin qui opposa Bernard Kolélas à Pascal Lissouba.

Pour établir qu’en dépit de ce soutien, les deux frères, André et Bernard, ne regardaient pas dans la même direction, on voit que l’UDR-Mwinda n’a pas rejoint l’Union pour la République et la démocratie (URD), groupement à la tête duquel le MCDDI forma avec d’autres partis d’opposition (RDPS, Pana, Unapac, PSDC, UPDP, UP), l’un des blocs les plus épais de l’alliance URD-PCT et Apparentés à partir de cet instant.

Faisant son chemin seul, presque, Ya Milos se rapprocha de la majorité présidentielle et se fit élire, fort de ses deux sièges de députés, président de l’Assemblée nationale sous le président Lissouba, après que le parti de celui-ci, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) et son allié d’alors, le Parti congolais du travail (PCT), s’étaient séparés en queue de poisson.

Puis l’expérience démocratique menée tambour battant depuis la Conférence nationale souveraine sombra dans des difficultés inextricables qui ouvrirent la voie aux violences sociopolitiques. Le tsunami passé, les partis réapprirent à vivre, leurs dirigeants s’efforcèrent de se réinsérer dans la vie politique. André Milongo se porta candidat à la présidentielle du 20 mars 2002 sans réellement y croire mais avait eu le temps de mouiller le maillot au Conseil national de transition (1997-2002) et de (re)gagner son siège de député de Boko (Pool) la même année.

La vérité est que depuis la disparition de son fondateur, en 2007, l’UDR-Mwinda a traversé tant de crises. On se souvient de la querelle qui s’est terminée par la création d’une UDR-Mwinda authentique révélée par Stéphane Milongo, le propre fils de Ya Milos. Long feu ! Puis la crise présente dont on ne sait pas encore quel effet elle aura sur la poursuite de l’œuvre d’André Milongo que ses héritiers politiques revendiquent indistinctement.

Gankama N'Siah

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