Crise libyenne : l’ONU met en garde contre l’attaque des infrastructures

Lundi 7 Octobre 2019 - 12:32

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La Mission d’appui des Nations unies dans le pays a exhorté les belligérants à éviter de bombarder les infrastructures civiles; les forces fidèles au maréchal Khalifa Haftar ayant assuré, le 6 octobre, avoir frappé l’aéroport international de la ville de Misurata, à quelque 200 km à l’est de la capitale Tripoli.

« Suivant des informations faisant état de frappes aériennes sur l’aéroport civil de Misurata, la Mission de l’ONU avertit que les attaques contre des infrastructures et les installations civiles constituaient une violation flagrante du droit international humanitaire », a dit la force internationale dans un communiqué. « La mission demande la cessation immédiate de telles attaques insensées, en particulier contre le seul aéroport civil dans l’ouest de la Libye, disponible pour des millions de Libyens », a ajouté la source.

Le 5 octobre, l’Armée nationale libyenne de l’homme fort de la Cyrénaïque avait dit qu’elle prenait pour cible l’aéroport international de Misurata et a réussi « à détruire le système de contrôle de drones fabriqué en Turquie et utilisé par les forces du gouvernement d’union nationale (GNA) », soutenu par l’ONU.

Réagissant aux frappes des forces qui contrôlent l’est du pays, le GNA que dirige le Premier ministre, Fayez-al-Sarraj, a dit qu’une frappe aérienne avait blessé un travailleur et causé des dommages matériels à l’aéroport.

Les troupes du maréchal Khalifa Haftar mènent une offensive pour s’emparer de Tripoli. Elles ont repris les bombardements contre les positions des forces loyalistes alors que, le 26 septembre dernier, leur chef avait assuré, dans un communiqué, qu’il était prêt à discuter avec son rival du GNA, sur la crise libyenne.

« En fin de compte, il faut dialoguer et s’assoir » autour d’une table de négociations, avait-il indiqué, ajoutant que le dialogue ne serait « pas possible tant que les groupes terroristes et les milices criminelles contrôlent (...) Tripoli ». Il faisait référence aux forces loyales au GNA.

Des puissances étrangères accusées de poursuivre la guerre en Libye

Le maréchal Khalifa Haftar a lancé, le 4 avril, avec son autoproclamée Armée nationale libyenne, une offensive contre la capitale, siège du GNA de Fayez al-Sarraj, afin de la purger des « groupes terroristes ».

Plusieurs analystes pensent que la crise libyenne perdure, parce que certaines puissances sont accusées de mener une guerre par procuration dans le pays, plongé dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi après une révolte. Parmi ces pays figurent les Emirats, l’Egypte et l’Arabie saoudite qui sont accusés de soutenir le maréchal Khalifa Haftar, mais aussi le Qatar et la Turquie qui appuient le GNA de Fayez al-Sarraj. Quant à la position des Etats-Unis dans ce conflit, elle reste peu claire depuis un appel téléphonique de Donald Trump au maréchal Haftar, en avril.

Pendant ce temps, le pays est plongé dans le chaos, avec une multitude de groupes armés et des forces politiques rivales. Les violences ont fait plus de mille morts selon l’ONU et les combats se sont enlisés au sud de Tripoli sans qu’aucune partie ne semble pouvoir l’emporter sur l’autre.

 

 

Nestor N'Gampoula

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