Danse contemporaine : Delavallet Bidiefono sur scène ce week-end

Jeudi 21 Février 2019 - 20:04

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Le chorégraphe congolais livrera un spectacle de danse, le 23 février à l’Institut français du Congo (IFC) de Brazzaville, sur le thème « Neuf couches de rouge, la tchikoumbi furiosa ».

Aujourd’hui, si le rite Tchikoumbi semble disparaître, notamment du fait de l’urbanisation et des métissages culturels qui s’opèrent dans les grandes agglomérations, il n’en marque pas moins les mémoires et une certaine conception de la place de la femme dans la société vili.

Rite d’initiation et de préparation au mariage, propre à cette communauté-là, le tchikoumbi perdure sous d’autres formes moins visibles et moins ritualisées. Il fait écho à d’autres emprises sociales sur le corps de la femme. Et de par le monde, le chorégraphe a constaté que la communauté des femmes se rebelle et résiste de plus en plus en plus à ces pressions coutumières.

C’est dans cette perspective que s’inscrit la prestation de Delavallet en featuring avec la danseuse Vesna Mbelani, les collectifs styl’oblique et art plume, le groupe peutch. Ces artistes feront parler le corps d’une femme au nom de toutes. Une sorte de tragédie antique, dans un jeu de réponse entre le personnage féminin et la communauté.

L’événement se tiendra dans la salle Savorgnan de l’IFC à partir de 19 h. L’accès dans la salle de spectacle est conditionné à 1000 FCFA.

Né à Pointe-Noire où il passa les vingt premières années de sa vie, Delavallet Bidiefono est issu de la communauté vili, implantée dans le sud côtier du Congo. Après avoir appris la danse en autodidacte à l’étranger, il rentre au début des années 2000 pour s’installer à Brazzaville en vue de faire émerger son talent et sa passion pour la danse au niveau national. Artiste engagé, Delavallet a déjà connu plusieurs scènes internationales et collabore énormément avec d’autres artistes congolais.

Qu’est-ce que le Tchikoumbi ?

Le Tchikoumbi est un rite initiatique répandu chez les peuples vili, voire chez certaines ethnies de la sous-région. Elle a pour fonction de préparer la jeune fille à son statut de bonne épouse.

En tradition vili, quand s’ouvre ce rituel, c'est qu’un mariage se prépare en secret. En effet, un futur époux a pu être repéré ou alors la jeune fille a fait l’objet d’une démarche de mariage.

La jeune fille est prise par surprise pour être emmenée dans un lieu durant environ deux à trois mois pour lui apporter les bonnes valeurs indispensables à faire d’elle une grande femme, miroir de sa société. Avant le début de la cérémonie, les initiatrices ou matrones doivent se rassurer de la virginité de la jeune fille. Si elle ne l’est plus, l’on est forcé d’arrêter le rituel.

Au nombre des vertus qui lui sont enseignées figurent l’éducation sentimentale et sexuelle, les règles de bonne conduite d’une épouse, les conseils alimentaires et esthétiques, la soumission, la solidarité et le respect, etc.

 

Merveille Jessica Atipo

Légendes et crédits photo : 

Delavallet Bidiefono sur scène

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