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De Kinshasa à Brazzaville...

Samedi 17 Février 2018 - 18:15

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En passant par Luanda, Libreville, Kigali et N’Djamena, la semaine dernière a donné lieu à des entrevues au sommet, entre les chefs d’Etat de plusieurs pays de la sous-région d’Afrique centrale. A l’ordre du jour de ces rencontres, la volonté exprimée par chacun d’eux de s’attaquer aux problèmes qui minent leurs pays. La voie la mieux indiquée, estiment-ils, est de mutualiser les efforts, de façon à ce que ces nombreux défis dont les conséquences sur le développement de leurs nations sont incalculables deviennent des impératifs communs.

Le 14 févier, le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a ainsi reçu ses homologues Denis Sassou N’Guesso de la République du Congo et Joao Lourenço de la République d’Angola. Si on se contente du communiqué final en plusieurs points publié à l’issue de cette concertation qui a donné lieu à un huis clos de deux longues heures, on retiendra que les trois dirigeants sont satisfaits des évolutions positives en cours dans leurs pays respectifs.

Le 17 février, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, a reçu à Brazzaville, son homologue de la République gabonaise, Ali Bongo Ondimba, venu réitérer l’amitié liant le Congo et le Gabon, mais aussi l’engagement de la sous-région d’Afrique centrale de prendre à bras le corps les questions de fond qui en ralentissent le développement. Ici également, le long huis clos entre les deux présidents a dû contribuer à l’harmonisation des vues autour des questions qui font l’actualité de la région d’Afrique centrale. Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la CEEAC, devait ensuite poursuivre son périple en direction du Rwanda et du Tchad.

Au fond, plusieurs pays d’Afrique centrale sont confrontés à des problèmes globalement liés aux transitions qu’ils expérimentent : la RDC, par exemple, se prépare à organiser des élections retardées une ou deux fois, mais dont la date « butoir » fixée au 23 décembre prochain met les acteurs politiques dans une longue bataille de procédures qu’il importe de résorber à temps. Ce délai sera-t-il tenu ou pas ? La question préoccupe au-delà de la seule classe politique de ce pays. Le rôle de l’Afrique centrale, comme de l’espace des Grands Lacs, est de s’assurer que les parties ne prendront pas le risque d’embraser ce pays.

L’Angola achemine, avec les appréhensions que l’on peut noter, un processus de transition qui ne laisse personne indifférent, quand bien même l’alternance au sommet de l’Etat s’est déroulée au sein du parti au pouvoir depuis l’indépendance du pays, en 1975, le Mouvement populaire de libération de l’Angola. La Centrafrique se bat pour préserver une accalmie que remettent en cause tout le temps les profondeurs des crises socio-politiques qu’elle a connues les cinq dernières années. Le Tchad fait face au terrorisme et comme les autres Etats d’Afrique centrale à la crise économique.

Le Cameroun est dans la tourmente des actions de Boko Haram, tandis que les velléités de sécession de sa région anglophone tendent à consumer de nombreuses années d’unité. Le Burundi va certainement entrer dans une période de fortes tensions avec l’organisation annoncée d’un référendum sur la révision constitutionnelle. Le Gabon n’est pas totalement sorti de la tourmente post-électorale comme le démontre la grande polémique qui émaille les rapports entre le pouvoir et l’opposition. Les prochaines élections législatives devraient, peut-être, montrer un nouveau visage des forces politiques dans ce pays.

En paix aujourd’hui, peut-on dire au regard du récent accord signé par le gouvernement et la rébellion qui sévissait dans le Pool, le Congo est aussi miné par la crise économique dont les répercussions sur le front social sont évidentes. Il entre dans une période de réformes qui ne manqueront pas de mettre en lumière d’autres contentieux entre l’Etat et ses administrés. En même temps, les audiences attendues des tribunaux qui siégeront sur les cas des personnes détenues à la Maison d’arrêt de Brazzaville sont aussi un rendez-vous primordial dans la vie des institutions du pays.

Il y a lieu, en dépit du caractère interne aux Etats de toutes ces affaires, que l’Afrique centrale projette d’elle l’image d’une sous-région qui a soif de stabilité. Tant mieux si les concertations entre chefs d’Etat aident à en consolider les ossatures.

Gankama N'Siah

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