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Deux géants

Samedi 5 Octobre 2019 - 18:59

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L’Afrique du Sud et le Nigeria sont deux pôles de référence en Afrique quand on parle développement économique. Le premier pays a longtemps mené la course en tête comme première économie du continent. Il a depuis été déclassé par le second, fort de ses 510 milliards de dollars américains (2013) de produit intérieur brut, bien au-dessus des 370 milliards de dollars pour l’Afrique du Sud. Cette dernière se battra-t-elle sans doute pour reconquérir son rang perdu tandis que le Nigeria cherchera pour sa part à durer.

Qu’est donc allé faire le président nigérian, Muhammadu Buhari, chez son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, le 3 octobre ? Tenter d’apaiser les tensions survenues à la suite des violences xénophobes dont plusieurs ressortissants nigérians en Afrique du Sud ont été la cible et en même temps relancer la coopération bilatérale qui a pu souffrir de ces événements. À noter, par ailleurs, les représailles à l’encontre des intérêts sud-africains au Nigeria.

Quand la situation se tend comme elle l’a été entre les deux pays, la diplomatie des chefs est toujours la bienvenue en ce qu’elle permet d’éteindre le feu. L’entrevue Buhari-Ramaphosa est pour tout dire un message fort qui peut influer positivement sur le comportement de ceux qui, ici ou ailleurs, s’en prennent aux étrangers chaque fois qu’ils sont confrontés à leurs propres difficultés.

Il n’y a pas cependant lieu, dans la situation actuelle, de ne pas considérer Pretoria et Abuja comme deux géants en mesure de prolonger leur rivalité sur un plus long terme car chacun ne s’empêchera pas de défendre ses intérêts autant que faire se peut. Ce qu’il faut souhaiter pour le bien de tous est qu’entre ces composantes essentielles de la zone de libre-échange continentale africaine, lancée il y a peu, la mésentente soit intelligente, pour ne pas dire cordiale.

Quelques années ont passé où quand on murmurait les noms des pays susceptibles de représenter l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU comme membre permanent, l’Afrique du Sud, le Nigeria et aussi l’Egypte étaient cités. La référence, c’était leur niveau de développement, notion relative bien sûr, une certaine stabilité intérieure. Pour dire qu’à ce niveau, les sujets de concurrence ne manquent pas.

Même si la réforme des Nations unies n’est pas pour maintenant, la position acquise par les deux pays laisse dire qu’ils ambitionneront toujours d’aller de l’avant. Dans cette quête de notoriété, la façon d’accueillir et de traiter les étrangers qui foulent son sol peut être un indice déterminant pour le climat des affaires, pour ce que les investisseurs affectionnent par-dessus-tout, la paix intérieure.  

Gankama N'Siah

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