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Dix jours

Jeudi 13 Décembre 2018 - 11:14

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Dans très exactement dix jours, les Congolais de la rive gauche de l’immense fleuve Congo choisiront librement, du moins faut-il l’espérer, l’homme et donc l’équipe qui présideront à leur destinée durant les cinq prochaines années. Une aventure à haut risque car se déroulant dans un espace immense – 2 345 410 kilomètres carrés – dont personne aujourd’hui ne peut prévoir l’issue étant donné les problèmes matériels que pose un tel scrutin et qu’illustre le débat sur l’utilisation des machines à voter dans les dizaines de milliers de circonscriptions que compte le pays.

Au-delà du sort des Congolais de la RDC, ce dont chacun de nous doit avoir conscience aujourd’hui c’est que le 23 décembre prochain se jouera une partie décisive pour l’Afrique centrale tout entière, c’est-à-dire le Bassin du Congo et la Région des Grands Lacs. Ayant, en effet, une frontière commune avec neuf pays – la Centrafrique, le Soudan, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, la Zambie, l’Angola et bien sûr le Congo, notre Congo –, l’ancienne colonie belge, rebaptisée Zaïre par le président Mobutu Sese Seko, occupe une position stratégique dont la stabilité ou l’instabilité sont vitales pour cette partie du continent africain.

Nous en avons mesuré nous-mêmes la réalité à maintes reprises ces dernières décennies, lorsque la menace de crises surgissant de l’autre côté du fleuve a conduit des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants à chercher sur notre propre sol la sécurité qui leur faisait défaut chez eux. Capitales les plus proches de la planète, Brazzaville et Kinshasa ont de facto un lien humain qui tout à la fois les unit et les sépare : les unit lorsque la paix règne de part et d’autre du fleuve, les sépare lorsque la violence menace leur stabilité intérieure.

Présumer le résultat du scrutin à venir en RDC serait tout à la fois illusoire et dangereux, étant donné l’immensité du territoire sur lequel il se déroulera, la diversité de la population qui y vit, la passion qui anime légitimement les candidats en lice. Mais les nations qui entourent ce grand, très grand pays, doivent tout mettre en œuvre afin que la sagesse l’emporte le jour venu sur la passion, que la démocratie s’impose, que la paix régionale soit protégée. L’enjeu est vital à tous égards pour chacune d’elles et donc pour chacun d’entre nous.

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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