Education : nécessité de professionnaliser la formation des enseignants du primaire et du secondaire

Jeudi 11 Octobre 2018 - 20:24

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La recommandation fait partie des conclusions de l’étude sur la formation initiative par l’Ecole nationale des instituteurs (ENI) et l’Ecole nationale supérieure (ENS), présentées le 11 octobre à Brazzaville, aux ministres en charge des questions éducatives.

Confiée à Jean Emmanuel Bui, spécialiste en éducation, l'étude a fait ressortir quelques faiblesses qui méritent d’être améliorées afin d’assurer une formation de qualité aux apprenants « Le principe général, c’est professionnaliser la formation pour qu’elle forme des gens qui sont plus proches des besoins des élèves. Pour professionnaliser cette formation, il faut adapter les systèmes, cela veut dire qu’il faut chercher dorénavant à développer les compétences professionnelles des enseignants », a résumé le consultant.

Le rapport qu'il a présenté a également mentionné des élèves-maîtres et des élèves-enseignants qui viennent dans la corporation pour être des fonctionnaires et non par vocation. Il a souligné aussi le manque de vie estudiantine au niveau de l’ENS et des trois ENI, ainsi que l’absence de coopération entre ces deux structures de formation et le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation.

Ainsi, selon lui, la formation des enseignants est un levier nécessaire mais pas suffisant pour améliorer la qualité des apprentissages. Jean Emmanuel Bui a, enfin, indiqué qu’il était de même nécessaire de se pencher sur les conditions de vie et de travail des enseignants ; l’encadrement pédagogique des enfants ainsi que les curricula d’enseignement.

Cette étude d’analyse a été menée dans le cadre du Projet d’appui à l’amélioration du système éducatif (Praased), cofinancé par la Banque mondiale (BM) et le gouvernement congolais à hauteur de soixante-dix millions de dollars. Il vise, entre autres, la construction d’un système éducatif performant devant permettre d’offrir une éducation de base et de qualité à tous les apprenants. Ce projet devrait aussi répondre aux besoins en ressources humaines de qualité d’une économie émergente et rendre le système éducatif national plus efficace et plus performant.

Selon la représentante de la BM au Congo, Korotoumou Ouattara, l’engagement de son institution dans le secteur de l’éducation dans le pays est en lien avec les priorités du gouvernement exprimées par l’endossement de la Stratégie sectorielle de l’éducation ainsi que dans le Plan national de développement. « Le point fort de la stratégie de l’éducation réside en son caractère sectoriel (…). C’est dans cette approche holistique que la BM accompagne le gouvernement dans l’adresse des défis et contraintes relevées dans le système éducatif congolais et le développement du capital humain, avec une éducation et une formation des enseignants de qualité », a-t-elle rappelé.

Mettre en place d'une structure interministérielle

Revenant sur les résultats du projet d’appui à l’éducation de base (Praebase), Korotoumou Ouattara a indiqué que le Praased poursuivait les mêmes efforts afin de former, sur la durée, six mille enseignants fonctionnaires du primaire, deux mille cinq cents bénévoles, deux mille quatre cents enseignants fonctionnaires des collèges dont huit cent cinquante de mathématiques et sciences.

Le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, a, de son côté, rappelé les objectifs de cette étude commandée par son département. Il s’agissait notamment de réaliser un état des lieux du système de formation initiale des enseignants des cycles primaire et secondaire, en mettant en lumière les forces et faiblesses ; formuler une série de recommandations pour la transformation progressive du processus de formation initiale. « En effet, au regard de l’architecture institutionnelle actuelle du secteur de l’éducation, il est impérieux d’assurer la mise en œuvre des recommandations du consultant, par le biais d’une structure interministérielle pouvant assurer la cohérence des réformes entreprises pour les programmes de formation des enseignants dispensées dans les ENI et l’ENS ainsi que celles relatives aux enseignements dans le cycle primaire et dans le cycle secondaire », a-t-il souligné.

D’après des échanges qui ont suivi la présentation de ce rapport, les conclusions répondent bel et bien aux attentes et aux préoccupations des participants. Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, Bruno Jean Richard Itoua, la question de formation des enseignants ne peut pas  être réglée uniquement sans valoriser le statut particulier du personnel de l’éducation nationale. Il a également émis le vœu de rouvrir la filière de formation des psychopédagogues à l’ENS. 

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Le présidium ; une vue des participants/Adiac

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