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Mardi 5 Novembre 2019 - 18:34

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Vous qui lisez chaque jour ce quotidien, observez bien ce qui se passe sur la scène internationale ces temps-ci. Avec, d’une part, la montée des tensions entre les grandes puissances qui s’emploient toutes à affirmer leur pouvoir de peur d’être marginalisées dans les temps à venir et, d’autre part, le développement  qui ne cesse de s’accélérer de ce qu’il était convenu, dans les années cinquante du siècle précédent, d’appeler le « tiers-monde », autrement dit le monde émergent.

De cette observation naît, en effet, la conclusion évidente selon laquelle l’Afrique, notre Afrique, devient l’enjeu majeur de la compétition de moins en moins larvée dans laquelle se lancent les « grands » de la planète. Avec, en ligne de mire, le fait qu’à échéance de trois ou quatre décennies, notre continent sera le plus peuplé, le plus jeune, le plus dynamique, le plus riche potentiellement de la planète et donc le partenaire le plus incontournable du monde à venir.

Confirmation de ce qui précède, l’une après l’autre toutes les grandes puissances tournent maintenant leurs regards vers l’Afrique. Toutes, y compris celles qui en avaient exploité les richesses naturelles à l’époque coloniale puis s’en étaient plus ou moins retirées au lendemain des indépendances, en croyant que le continent était voué pour longtemps au sous-développement, donc à la misère. Et toutes, maintenant, s’inspirent de la politique suivie par la Chine en se positionnant comme des partenaires actifs dans le domaine éminemment stratégique de la construction des grandes infrastructures. D’où la compétition qui s’engage et qui représente pour ses acteurs un enjeu économique, financier, politique, stratégique majeur.

Dans un semblable contexte, l’on ne saurait trop conseiller aux Etats africains et à leurs gouvernements de jouer à fond la carte de l’intégration régionale et sous-régionale : régionale en réformant l’Union africaine de façon telle que celle-ci fasse entendre plus clairement sa voix dans les institutions de la communauté internationale, aux Nations unies tout particulièrement ; sous-régionale en renforçant les communautés qui se sont constituées ces dernières décennies en Afrique du nord, en Afrique de l’ouest, en Afrique centrale, en Afrique orientale, en Afrique australe. Alors, en effet, ils tireront le meilleur parti du vaste mouvement vers le continent qui se confirme de jour en jour.

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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