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Mardi 8 Octobre 2019 - 11:37

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Lentement mais sûrement, la déstabilisation provoquée dans la région du Sahel par l’assassinat, il y a huit ans, du « Guide libyen » Mouammar Kadhafi, gagne le Sahara et menace même maintenant de s’étendre vers le golfe de Guinée, autrement dit vers la partie nord de l’espace géographique où nous vivons. Cela alors même que la France a déployé, à travers la force « Barkhane », d’importants moyens militaires au Mali pour neutraliser les milices qui y sèment la terreur et que le G5 Sahel a créé, de son côté, une Force conjointe rassemblant des unités militaires de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Burkina Faso, du Tchad.

S’il est vrai que les trafics en tout genre prolifèrent désormais dans l’immense zone qui s’étend de l’Afrique du Nord à l’Afrique noire en raison de l’incapacité des Etats à lutter contre ceux qui s’y enrichissent, il l’est tout autant que cette prolifération résulte aussi et surtout du refus des dirigeants de ces mêmes Etats de cordonner réellement leurs actions sur le terrain à travers des forces cohérentes, équipées d’armes adaptées aux défis que celles-ci doivent relever, commandées par des états-majors compétents et unis. Un manque d’unité, d’entente entre les dirigeants des pays concernés qui s’avère de plus en plus inquiétant au fil des mois.

Etant donné les risques que porte en elle la dérive générale à laquelle nous assistons impuissants, il importe au plus haut point que les dirigeants des pays de l’Afrique centrale, du Bassin du Congo, du golfe de Guinée se réunissent rapidement pour mettre au point la stratégie collective qui leur permettra d’éviter le pire. Le pire, c’est-à-dire l’extension vers le grand Sud du désordre qui règne dans les régions du Sahel, du Sahara, de l’Afrique occidentale au grand dam de la population qui y vit.

S’ils ne le font pas rapidement, l’on peut être certain que le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Bénin, le Cameroun, la Centrafrique et même les deux Congo seront à leur tour menacés. Disons-le, ou plutôt écrivons-le sans l’ombre d’un doute : un sommet consacré à la prévention de la crise de grande ampleur qui menace désormais notre sous-région s’impose de façon claire.

Mieux vaut regarder la vérité en face que de fermer les yeux, n’est-il pas vrai ?

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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