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Fagots de tables-bancs en feu

Vendredi 1 Juin 2018 - 19:00

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Quand ils sont heureux, les enfants sautillent de la façon la plus inattendue comme c’est le cas du geste que l’on voit sur la photo ci-contre. Le 26 mai dernier, les élèves de l’école des trois présidents d’Owando, chef-lieu du département de la Cuvette, fêtaient la réhabilitation de leur établissement dont la toiture avait été arrachée par un violent vent quelques jours auparavant. Mains levées au ciel, ils scandaient leur joie de devoir reprendre les enseignements dans les meilleures conditions, à quelques semaines de la fin de l’année scolaire en cours.

L’énergie que dispense cette photo est assurément celle qui conditionne leur foi en l’avenir et les conduira jusqu’à réaliser leurs rêves les plus audacieux. Parents, pouvoirs publics et société civile doivent avoir à cœur d’accompagner cette conviction de nos jeunes enfants et les encourager à tenir le pari du succès scolaire. Cela est le seul chemin qui leur permettra, demain, d’assumer les responsabilités à tous les échelons de la hiérarchie nationale.

Un bonheur ne venant pas seul, dans cette même période de réfection d’établissements fauchés par les intempéries s’est poursuivie la série de dotation de plusieurs écoles de l’hinterland en tables-bancs. Les autorités en charge du secteur de l’éducation nationale, en particulier celles du secteur de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, mettent en œuvre un programme ambitieux conclu avec certaines sociétés forestières : celui d’atteindre l’objectif de « Zéro enfant assis à même le sol » dans les écoles publiques. Car bien entendu, comme si le Congo ne faisait rien avec le bois, sa deuxième richesse après le pétrole, beaucoup trop d’élèves prennent les cours assis par terre. On s’attend à ce que le gouvernement réceptionne de ces sociétés cinq cent mille tables-bancs afin de combler, comme on le voit, un déficit de commodité scolaire criant.

Une chose est donc d’obtenir la réalisation de ce programme jusqu’à son terme, une autre serait de faire en sorte que toutes les écoles publiques du Congo en bénéficient. Pour l’heure, il faut saluer le fait qu’en moins de temps, les départements des Plateaux, de la Cuvette, de la Cuvette-Ouest, de la Sangha, du Kouilou, de la Lékoumou, du Niari et de la Bouenza ont reçu la visite des donateurs. A ces derniers d’inscrire dans leur agenda que l’effort devra ne pas se limiter aux seules grandes villes, aux seuls chefs-lieux de département. Depuis bien longtemps, l’école publique a, en effet, cessé de remplir son rôle dans la plupart des villages « reculés », où elle a contribué par le passé à former l’élite qui est actuellement aux commandes.

Enfin, un appel en direction des structures qui ont eu la chance de bénéficier du précieux don de tables-bancs de bonne qualité. Souvent, quand l’école a fermé, et ce sera le cas dans quelques semaines, les établissements sont voués aux incivismes les plus incompréhensibles. Ils sont exposés à des attaques indicibles de la part de gens qui viennent y arracher portes, fenêtres, transformant ensuite les tables-bancs en du bois de chauffe sans être inquiétés.

C’est pourquoi, il est impérieux que de concert avec les institutions de proximité des circonscriptions scolaires des grandes villes comme des petites, les responsables de l’éducation nationale prennent des dispositions pour que ce qui a été acquis l’année qui se termine ne se volatilise pas l’année scolaire prochaine. Notre pays est, en effet, habitué à des retours en arrière navrants que n’autorise plus la volonté commune d’aller de l’avant. L’école est appelée à montrer l’exemple cette fois.

Gankama N'Siah

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