Filière huile de palme : début de la campagne de vulgarisation des principes nationaux et la Déclaration de Marrakech

Lundi 12 Novembre 2018 - 18:55

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L'activité menée par le Fonds mondial de la nature (WWF) et ses partenaires dont le gouvernement la République démocratique du Congo (RDC), Proforest et TFA2020 a commencé à Kinshasa et va s’étendre sur d’autres provinces productrices d’huile de palme.

La RDC a lancé, le 12 novembre, à partir de Kinshasa, la campagne de vulgarisation sur les onze principes nationaux de production durable de l’huile de palme et la Déclaration de Marrakech. C’était à l’issue d’un atelier organisé dans la salle de la paroisse Sacré Cœur, à Gombe, au cours de laquelle les participants à la cinquième réunion régionale de l’initiative de l’huile de palme en Afrique, tenue à Brazzaville, en octobre dernier, ont également fait la restitution des travaux.

Cette activité avait pour objectif d’informer le public de la vision commune de la filière huile de palme qui génère des emplois et de la richesse pour les communautés locales, tout en assurant la durabilité sur le plan environnemental et social, protégeant les riches forêts tropicales de la région mais aussi sur l’importance de la filière huile de palme et la lutte contre la pauvreté en milieu rural. Elle a également visé la conscientisation sur la nécessité de promouvoir, d’encourager et d’accélérer le développement socio-économique des pays africains en vue d’améliorer le niveau de vie de la population et de garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

La prospérité durable du secteur rural

Ouvrant ces travaux, le directeur pays par intérim du WWF-RDC, Juan Sève, a rappelé que la RDC s’était formellement engagée, en novembre 2016, conjointement avec d’autres nations africaines, à la durabilité socio-économique et environnementale de la filière huile de palme. Il s’était agi, selon lui, d’une durabilité économiquement rentable, socialement responsable et écologiquement stable. Mais, pour Juan Sève, avant d’acquérir cette durabilité, il faut une bonne gouvernance de l’ensemble des ressources naturelles, la transparence, le respect des droits de l’homme et des communautés, la collaboration entre partenaires et le partage équitable des bénéfices. « Toutes ces dimensions font partie des engagements que nous avons pris à Marrakech. Il s’agit d’un programme de développement de longue haleine et qui demandera un travail considérable de la part des acteurs qui s’y investissent », a-t-il noté. En expliquant les objectifs de la rencontre de Brazzaville, le directeur-pays par intérim de WWF-RDC a fait savoir que le développement durable de la filière constituera un important facteur de lutte contre la pauvreté et aussi contre la déforestation par la création des richesses au sein d’une filière commerciale qui tient compte des valeurs environnementales et sociales.

Secrétaire général à l’Agriculture, Évariste Bushabu, a regretté que la RDC, qui était, il y a quelques années, dans le nombre des pays exportateurs de l’huile de palme, soit devenue à ce jour importatrice de ce produit et qui va jusqu’à importer annuellement près de cinquante mille tonnes d’huile de palme pour satisfaire à ses besoins. Ayant été le chef de la délégation congolaise à la rencontre de Brazzaville, il a souligné la volonté du gouvernement à s’engager à la durabilité de la filière d’huile de palme. Ce qui justifie, selon lui, tous les actes posés en faveur de cette vision, notamment dans l’organisation des différentes assises y relatives et la mise en place d’un cadre légal soutenant cette vision.

Onze principes pour une production durable d’huile de palme

Le lancement de la campagne de vulgarisation des onze principes nationaux de production durable d’huile de palme en RDC était une  occasion, pour Flory Bontamba, du WWF, le Dr Christophe Arthur Mampuya du ministère de l’Agriculture et tous les intervenants, de rappeler ces principes qui ont été conçus et retenus au cours d’un processus qui a connu la participation de toutes les parties prenantes du secteur. Il s’agit notamment de la promotion de la culture du palmier à huile, en se conformant à la politique agricole et au plan d’aménagement du territoire, qui se fixe l’objectif du taux zéro déforestation à l’horizon 2025 ; la politique agricole qui promeut les intérêts, les opportunités et les moyens de subsistance des petits producteurs d’huile de palme ; l’investissement dans le secteur d’huile de palme qui s’aligne dans un partenariat gagnant-gagnant entre les entreprises et les communautés locales et peuples autochtones. Cette filière promeut aussi une commercialisation qui accorde un équilibre entre le marché local, national et international et priorise les anciennes plantations abandonnées ou inactives, les zones savanicoles et les paysannats dans les bassins de production. Les autres principes disent que la chaîne de valeur huile de palme respecte les exigences de la norme RSPO pour les agro-industries et la promeut pour les organisations des petits producteurs, elle promeut également l’utilisation d’énergies vertes, la participation des femmes et des groupes minoritaires/marginalisés dans la prise de décisions alors que, d’autre part, les entreprises du secteur doivent appliquer les standards nationaux, sociaux et environnementaux Redd+, le clip et le mécanisme des plaintes et recours. Selon cette entente, les droits fonciers des communautés locales et peuples autochtones doivent être respectés et le développement de la chaîne de valeur huile de palme devra se fonder sur les résultats de recherches et sur les innovations pertinentes pour le pays.

Devant une cinquantaine de participants venue des ministères, du secteur privé, de la société civile nationale et internationale, la presse nationale et internationale, les institutions académiques ainsi que des partenaires techniques et financiers, il a été rappelé que la RDC avait signé et soumis la lettre d’adhésion comme partenaire à Tropical forest Allaince 2020 (TFA 2020). Ainsi, cette campagne débutée à Kinshasa se poursuivra dans d’autres provinces productrices d’huile de palme du pays. 

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

La salle, lors de l'atelier /Adiac La photo de famille des participants /Adiac

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