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Mercredi 22 Janvier 2020 - 21:07

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Battez-vous désormais sans nous ! On est tenté de commenter ainsi l’engagement pris par les dirigeants des pays impliqués dans la crise libyenne au terme du sommet qui les réunissaient à Berlin, le 19 janvier, quand ils ont sonné la fin des ingérences extérieures. Sauf qu’il persiste une flagrante contradiction : les troupes étrangères présentes sur le sol libyen depuis plusieurs années n’ont pas reçu l’ordre de s’en aller.

Comment imaginer un seul instant qu’une telle promesse produise son effet dès lors que sur le sol libyen vont et viennent techniciens et experts étrangers dûment mandatés, comme on l’entend dire par, par les mêmes puissances qui invitent à l’apaisement ? Comment, dans ces conditions, ne pas trouver à redire sur l’impossibilité d’appliquer la résolution des Nations unies décrétant un embargo sur les armes à destination des belligérants libyens ?

Le sommet de Berlin aurait gagné en clarté si les pays soutenant les deux camps s’étaient ouvertement déclarés comme tels, de façon à ce que les discussions se déroulent d’abord entre eux. Or de tous, seule la Turquie ne s’embarrasse pas de dire sa préférence pour le gouvernement d’union nationale de Fayez al Sarraj installé à Tripoli, et aussi son appétence pour les richesses pétrolières dont regorge la pauvre Libye.

Les « amis » du maréchal Khalifa Haftar, eux, avancent masqués. On dirait qu’ils tablent sur le pourrissement, sur le long terme. Du fait qu’il contrôle près de 80% du territoire libyen, ils se disent que tôt ou tard, l’homme fort de Benghazi restant intournable, finira par prendre la ville de Tripoli qu’il cerne depuis le 4 avril dernier. Ceci est une hypothèse qui peut expliquer, entre autres, pourquoi le communiqué final adopté à Berlin n’a rien de contraignant.

Bien sûr que grâce à cette réunion, l’Onu s’est replacée au cœur du dossier, que l’Union africaine, représentée dans la capitale allemande par le président du comité de haut niveau sur la Libye et le président de la commission de l’organisation continentale, peut renfiler sa veste de médiatrice. Par le passé, elle était parvenue à des avancées significatives principalement avec la venue à Brazzaville du maréchal Haftar et du Premier ministre Sarraj. C’était avant que les plus puissants n’imposent leurs vues. Avec les résultats que l’on sait.

Le 30 janvier, la capitale congolaise accueillera une rencontre de relance sur la Libye. Au vue des présences et des messages qui seront prononcés, on pourrait se faire une idée de l’appui de la communauté internationale et de l’adhésion des parties libyennes elles-mêmes à cette nouvelle initiative qui malgré de nombreux obstacles mérite d’être tentée.

Les Dépêches de Brazzaville

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