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Lundi 11 Septembre 2017 - 19:24

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"Quatre-vingt-dix pour cent de nos problèmes sont dus aux ingérences extérieures, nous devons penser Libya first, Africa first." Cette phrase laconique est en quelque sorte le point d'orgue de l'entretien entre Bechir Saleh, ancien directeur du cabinet de Mouammar Kadhafi, et le journaliste François Soudan que publie cette semaine l'hebdomadaire Jeune Afrique (1). Elle illustre à merveille la mutation qui se dessine en Afrique dans le domaine, stratégique entre tous, de la prévention et de la gestion des crises, mutation dont la réunion  de haut niveau sur la Libye qui s''est tenue à Brazzaville en fin de semaine dernière a projeté une image précise.

Le temps est révolu, en effet, où des puissances extérieures pouvaient se permettre d'intervenir à leur guise sur le sol africain et y semer le chaos, ou contribuer à y semer le chaos comme cela s'est passé en Libye il y a six ans. Si nous, Africains, nous voulons résoudre les problèmes de toute nature auxquels nous sommes confrontés en ce début de millénaire nous devons nous organiser, nous structurer, pour agir et empêcher ainsi l'intrusion de puissances ou d'institutions extérieures dont les interventions aggraveront inévitablement le mal au lieu de guérir.

Enoncé avec calme, arguments à l'appui, par un homme qui a vécu heure par heure, minute par minute la tragédie ayant frappé son pays et qui aspire manifestement à jouer un rôle dans sa reconstruction, un tel propos mérite une attention particulière. Outre le fait qu'il est le fruit d'une expérience douloureuse, il confirme que le processus engagé par les Africains eux-mêmes pour ramener la paix en Libye répond bien aux attentes de la communauté africaine. Il démontre, s'il en était besoin, que "vouloir marginaliser l'Union Africaine est une grave erreur." comme le dit également Bechir Saleh sans vaines périphrases.

Alors que la communauté internationale commence tout juste à prendre l'exacte mesure des conséquences dramatiques de la tragédie que vit la Libye, un tel rappel à l'ordre est utile, pour ne pas dire précieux !  

 

 

(1) " Entretien exclusif. L'homme qui murmurait à l'oreille de Kadhafi ". Jeune Afrique n° 2957 - 10-16 septembre 2017.   

 

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