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L’étrange affaire …

Lundi 29 Janvier 2018 - 21:53

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Il y a longtemps, bien longtemps que nous posons dans les colonnes de ce quotidien la question suivante sans jamais recevoir de réponse : qui finance les associations françaises dites « de défense des droits de l’homme » dont l’une des cibles majeures est constituée par les dirigeants de trois pays d’Afrique centrale au nombre desquels figure le Congo ? Acteur principal de l’affaire dite des « biens mal acquis », l’avocat William Bourdon, qui a fondé Sherpa et qui est l’avocat de Transparency International, n’a jamais répondu à cette question préférant attaquer en diffamation ceux qui tentaient, comme nous, d’y répondre plutôt que de faire la lumière, toute la lumière sur les fonds mis à sa disposition pour mener de telles actions.

Or, voici qu’il y a quelques heures, l’un des médias écrits qui tient en France le haut du pavé, "Le Journal du dimanche", a levé un coin du voile en publiant une enquête pour le moins explosive sous le titre : « L’étrange affaire mauritanienne  de Sherpa ».  Illustré par une photo du juriste prise dans les couloirs du  Tribunal de grande instance de Paris, le 27 octobre, ce papier traite de l’attitude pour le moins ambigüe de Sherpa dans une sombre affaire financière qui oppose le président mauritanien, Ould Abdel Aziz, à l’un des hommes les plus riches de son pays, Mohammed Ould Bouamato. Lequel « figure aussi, comme le précise "Le Journal du dimanche", parmi les généreux  donateurs de Sherpa, dont la liste reste confidentielle, même si le nom du financier Georges Soros a déjà été cité ».

Visiblement bien renseigné, le journaliste raconte que les douaniers mauritaniens ont saisi à la frontière avec le Sénégal une voiture dans laquelle se trouvaient « deux ordinateurs, quatre téléphones portables et de nombreux documents ».  Avec cette précision : « Sont saisis  11 802 e.mails, des ordres  de virement à destination de M° Bourdon et de l’un de ses confrères  correspondant au versement d’honoraires et d’autres mouvements de fonds plus occultes , à destination du Maroc via une société enregistrée en Mauritanie, la Soframa ».

Il va de soi que l’avocat français se défend d’une telle accusation en affirmant que « le dossier est entièrement trafiqué ». Mais l’information donnée par le grand média français est suffisamment étayée pour donner enfin à la justice française une raison sérieuse de se pencher sur les activités de Sherpa et de celui qui l’a fondée, sur les personnalités et les lobbies qui financent l’association, sur les raisons qui ont conduit cette ONG à centrer ses actions judiciaires contre les dirigeants de trois pays d’Afrique centrale, sur les motivations réelles de ces actions, bref sur la partie immergée de l’iceberg. Le fera-t-elle ?

 

 

 

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