Lutte antiterroriste : une délégation du Conseil de sécurité en visite au Sahel

Vendredi 22 Mars 2019 - 12:44

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L’équipe de l’ONU se rend au Mali et au Burkina Faso afin de se pencher sur la situation préoccupante de la région, où la menace terroriste ne montre aucun signe d’affaiblissement et cause des déplacements massifs de population.

Menée par la France, l’Allemagne et la Côte d’Ivoire, la visite est la quatrième du Conseil de sécurité au Mali, depuis 2014, et la deuxième au Burkina Faso. La délégation du Conseil est arrivée le 22 mars, dans la capitale malienne, où elle va rencontrer des dirigeants maliens, avant de se rendre à Ouagadougou dimanche.

Les puissances mondiales sont divisées sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la menace islamiste au Sahel, la France étant en désaccord avec les Etats-Unis à propos du financement de la force antidjihadiste G5 Sahel, dont sont membres le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.

Cette visite intervient alors que le Conseil de sécurité doit, par ailleurs, réfléchir à l’avenir de la mission de maintien de la paix au Mali (Minusma).

Selon des diplomates, un nouvel affrontement entre la France et les Etats-Unis se prépare concernant le sort de cette mission, forte de quatorze mille membres et mise en place après l’intervention militaire menée par la France en 2013 pour chasser les djihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali.

Une date butoir sera atteinte en juin pour décider de l’avenir du mandat de la Minusma, avec une réunion clé programmée pour le 29 mars.

D’après l’ambassadeur français aux Nations unies, François Delattre, la visite du Conseil de sécurité « doit permettre de renforcer l’information des membres sur le processus de paix au Mali, la montée en puissance de la force conjointe du G5-Sahel et la situation du Burkina Faso, particulièrement affecté par la menace sécuritaire ».

Dans le cadre de l’opération Barkhane, la France compte quatre mille cinq cents soldats dans les pays du Sahel, dont deux mille sept cents sur le territoire malien.

Un accord de paix avait été signé à Bamako, en 2015, mais trois ans et demi après, des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques.

Des ressources déjà limitées

La France a laissé entendre qu’elle pourrait une nouvelle fois demander au Conseil d’approuver un financement direct du G5 Sahel. Une proposition que les Etats-Unis avaient fermement rejetée l’année dernière.

Les Américains ont contribué à cette force à hauteur de cent onze millions de dollars, mais s’opposent régulièrement à un financement annualisé passant par l’ONU.

Le gouvernement de Donald Trump a sensiblement réduit les fonds alloués aux opérations de maintien de la paix.

« Les Américains doivent regarder les choses sous un angle différent », a estimé Jerry Matjila, ambassadeur sud-africain à l’ONU, qui fait partie du voyage. Cette visite a pour but de montrer « que les Nations unies peuvent parler d’une seule voix sur ce problème », a-t-il dit.

« Plutôt que d’ouvrir la voie à un plus grand financement de l’ONU pour le Sahel, le plus gros impact de cette visite pourrait être la préservation des ressources déjà limitées au Mali », a indiqué, pour sa part, Jean-Hervé Jezequel, spécialiste du Sahel à l’International Crisis Group.

Au total, près de deux cent trente-sept attaques ont été recensées en 2018 au Mali, soit onze de plus qu’en 2017. Au Burkina Faso, les attaques djihadistes se sont également multipliées.

La région du Sahel compte près de 4,3 millions de personnes déplacées, dont un million ayant dû fuir leur maison l’année passée, selon les Nations unies.

 

 

Nestor N'Gampoula et AFP

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