Lutte contre les violences en milieu scolaire: l’Unicef plaide pour des politiques appropriées

Mercredi 12 Septembre 2018 - 15:30

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Inquiète des conséquences négatives des actes de violences perpétrés dans des établissements scolaires sur les enfants, l'agence onusienne a publié, le 11 septembre, un rapport sur la question.

Intitulé « Une leçon quotidienne : mettre fin à la violence à l’école », le rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) invite les gouvernants du monde, en général, et les ministres de l’Enseignement, en particulier, à initier une politique efficace, capable de mettre un terme aux violences commises en milieu scolaire, notamment à l’endroit des élèves. L'Unicef indique que les actes qui se traduisent par les agressions et le harcèlement perturbent, selon les nouveaux statistiques, l’éducation d’environ cent cinquante millions de jeunes âgés de 13 à 15ans dans le monde.  « Ne permettez pas que la violence soit une leçon quotidienne dans nos écoles. Parce que, aucun enfant ne devrait avoir peur d’aller à l’école »,  déclare dans le rapport, la directrice exécutive de l’Unicef, Henriettta Fore.

Soulignant le contre-poids de la violence sur l’éducation, le document insiste que ce secteur joue un rôle fondamental dans l’édification de la société. Mais avec la présence des actes de violence dans les écoles, ce milieu d’apprentissage n’est plus un lieu sûr. Ainsi, dans tous les pays, riches ou pauvres, la violence a des effets sur l’apprentissage et le bien-être des élèves.   

« La violence est tellement répandue dans le monde et nous pensons qu’elle semble être inévitable. Or ce n’est pas le cas. La violence est évitable. Nous pouvons l’éviter en apportant tous notre contribution », ajoute le document.

Les jeunes doivent faire entendre leurs voix

Appelant les jeunes, notamment ceux de 13 à 15 ans à faire entendre leurs voix pour être en sécurité face aux cas de violences constatés à leur égard, l’enquête de l’Unicef indique que chaque jour les élèves sont exposés à de multiples dangers, à savoir les bagarres, les pressions, les harcèlements sexuels et les disciplines violentes. Cette situation affecte considérablement leur apprentissage, les conduit à la dépression et à l’anxiété. C’est pourquoi, la violence est une leçon qu’aucun enfant n’a besoin d’apprendre, martèle l'Unicef.       

« Si tu as un âge situé entre 13 et 24 ans, il faut suivre l’exemple de milliers de jeunes dans le monde, qui nous parlent de ce qui se passe au niveau de leurs écoles pour être en sécurité. Parce qu’en retour, nous présenterons les résultats de ces enquêtes aux ministres de l’éducation des pays concernés et à d’autres dirigeants. Ceci, pour leur demander d’agir pour mettre fin aux violences à l’école », a fait savoir la directrice générale de l’Unicef, tout en relevant que la violence à l’école peut avoir de graves conséquences, à long terme, sur la vie des enfants, leur avenir et celui de la communauté car ils sont souvent pris pour cible en raison de leur identité ou de leur origine. La majorité des élèves vit dans la peur à cause de la violence alors que l'effort collectif peut mettre un terme à cette situation, se convainc-t-elle.

Un élève sur trois dans le monde victime de violence  

D’après les statistiques, à travers le monde, dans la tranche d’âge de 13 à 15 ans, un élève sur trois est victime de harcèlement et des bagarres physiques, au moins une fois l’année. Et les violences armées, notamment avec couteaux ou armes à feu, continuent de coûter la vie à des écoliers. Par ailleurs, dans le même sens, il y a une autre forme de violence qui évolue avec le numérique. En effet, les auteurs des harcèlements ont eu la possibilité de diffuser des contenus violents, blessants et humiliants d’un simple clic.

En conclusion, dans ce rapport, il a été recommandé que soient élaborées et appliquées par les Etats, des politiques et des lois visant à protéger les élèves de la violence à l’école, que soient renforcées des mesures de prévention et d’intervention à l’école, encourager les communautés à soutenir les élèves qui dénoncent les actes de violence, réaliser les investissements efficaces, assurer la sécurité des établissements et collecter les meilleures données ventilées sur les violences envers les enfants à l’école.

Il faut signaler que dans les prochains mois, l’Unicef entend lancer une campagne de sensibilisation à la question, à travers des conférences-débats et des tribunes d’échanges avec les élèves.        

Rock Ngassakys

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