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Ouverture

Vendredi 8 Juin 2018 - 20:33

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Que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, vienne à Brazzaville pour parler avec Denis Sassou N’Guesso des problèmes stratégiques qui se posent dans cette partie du continent africain n'a rien qui puisse surprendre. S'inscrivant en bonne place dans la politique d'ouverture vers l'Afrique que le nouveau président français, Emmanuel Macron, a inscrite au cœur de sa diplomatie, cette visite avait pour but de marquer de façon claire que les plus hautes autorités françaises ont conscience de l'importance que revêt le Congo, notre Congo, dans l'évolution de cette partie du monde et, surtout, dans la quête de la stabilité régionale qui en commande l'émergence.

Il est trop tôt, bien sûr, pour dire quelles seront les conséquences diplomatiques de l'entretien qui s'est déroulé entre les deux hommes hier à Brazzaville, mais la personnalité même de Jean-Yves Le Drian, qui a occupé le poste de ministre de la Défense sous la présidence de François Hollande, permet de dire sans le moindre risque de se tromper que ce long échange de vues a précisé l'enjeu stratégique que constitue pour la communauté internationale le retour de la paix en Centrafrique et, plus encore sans doute, la stabilisation de la République démocratique du Congo. Deux Etats en ébullition dont l'implosion, si elle venait à se produire, ce qui n'a malheureusement rien d'impossible, provoquerait un véritable tsunami continental.
 
Ce qui ressort de la première année du mandat d'Emmanuel Macron et que confirme la venue de Jean-Yves Le Drian à Brazzaville, à N'Djamena, puis à Addis-Abeba après la conférence sur la Libye qui s’est tenue récemment à Paris, c'est que la France a pris la juste mesure du rôle qu'elle peut jouer dans la recherche d'une paix durable en Afrique qui, elle-même, mettra fin aux drames humains générés par la misère, le sous-développement, la mauvaise gouvernance. Sans doute cette prise de conscience ne garantit-elle pas que la partie est gagnée sur tous les fronts mais elle prouve, et c'est déjà beaucoup, que le réalisme prend le pas sur l'illusion, sur l'irréalisme, sur le calcul terre à terre. Bref que la mauvaise page ouverte par Nicolas Sarkozy et entretenue par François Hollande a été enfin tournée.

Rien n'est encore gagné mais le rêve redevient possible. Ce n'est pas rien !

 

Les Dépêches de Brazzaville

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