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Paradoxe

Lundi 1 Juin 2020 - 15:30

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C'est donc cela aussi les Etats-Unis d'Amérique? Un pays qui fait rêver pour sa liberté assumée, une nation dans laquelle ses admirateurs le répètent, et les Américains eux-mêmes sont si fiers, chacun peut s'épanouir en fonction de ses capacités à travailler dur. Mais un pays qui peine à se départir de ses vieux démons, une nation qui ne parvient pas à solder un contentieux historique, celui de l'égalité des races qui la composent.

Les émeutes en cours depuis une semaine dans plusieurs villes américaines en lien avec le décès de George Floyd qu’un policier blanc sachant sans doute avoir affaire à un homme de couleur a empêché définitivement de respirer, relancent un débat fondamental : comment la première puissance mondiale, qui n’hésite pas à distribuer des points entre pays de « merde » et pays « civilisés » est-il toujours assis sur la discrimination de ses citoyens sur la base de la couleur de leur peau ? Pourquoi, à chaque fois qu’un tel drame se produit, aucune avancée significative n’est enregistrée dans la façon des dirigeants de repenser la relation entre les communautés ?

Il serait pourtant malvenu de penser que toute l’Amérique blanche en veuille au reste de l’Amérique noire ou jaune. On voit que les rassemblements provoqués par l’acte du policier exalté réunissent les citoyens américains sans discrimination, qu’ils ont aussi gagné quelques villes européennes avec le même état d’esprit. C’est que fonder l’équilibre des nations sur la discrimination raciale devient désuet. Ceci dit, comme par le passé, on peut être à peu près certain qu’une fois la colère de la rue envolée, la vie reprendra son cours quasi normalement. A savoir qu’on pourrait s’entendre dire au sujet de ce drame que l’agent de l’ordre inculpé d’homicide involontaire sur sa victime a été acquitté, qu’il était en état de légitime défense parce que Floyd était apparu violent au moment de son interpellation.

Normal aussi sera le fait que ceux qui clament justice en vain se morfondront dans le désespoir et la rancœur, tandis que les « suprémacistes » qui continuent de mobiliser sur la stratification de la société américaine en fonction des races se considèreront dans leur bon droit d’implorer l’institutionnalisation de la ségrégation. Il semble, par ailleurs, que l’élection présidentielle du 3 novembre prochain empêcherait de voir les choses autrement. Ce sera donc le statuquo tant que les politiques ne s’empêcheront d’exploiter à leur profit les violences alimentées par le paradoxe d’une grande nation démocratique oublieuse de son devoir d’équité sur les questions des droits et libertés de tous ses citoyens.
 

Gankama N'Siah

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