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Vendredi 24 Novembre 2017 - 13:32

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Ne nous voilons pas la face : la crise qui déchire depuis des mois, depuis des années la République centrafricaine(RCA) peut fort bien déboucher à bref délai sur la partition de ce pays frère. Opposant de plus en plus ouvertement des milices chrétiennes et musulmanes, elle prend de jour en jour une tournure dramatique dont le pire peut sortir tout comme cela s'est produit dans la Corne de l'Afrique avec les conséquences humaines que ce peuple subit depuis des années.

Disons-le sans l'ombre d'un doute, tout doit être fait dans le moment présent pour éviter une implosion territoriale de la RCA qui ruinerait définitivement notre voisine et notre sœur mais qui déstabiliserait aussi durablement l'ensemble de l'Afrique centrale, à commencer par l'immense République démocratique du Congo. Dans une région du monde où les frontières entre les Etats ont été tracées par des puissances extérieures au continent, sans tenir le moindre compte des réalités géographiques et humaines, une telle cassure aurait inévitablement des effets destructeurs car elle réveillerait les vieux démons de l'ethnicisme. Ces mêmes démons qui ont ravagé, il n'y a pas si longtemps, le Rwanda et qui s'emploient aujourd'hui à détruire la Libye.

C'est pourquoi, alors que rien n'est encore véritablement joué il importe que la communauté internationale dans son ensemble et plus précisément la communauté africaine se mobilisent afin de réconcilier les frères ennemis centrafricains qui n'ont visiblement pas saisi la profondeur du gouffre dans lequel ils risquent de tomber à bref délai. Les plus hautes autorités de l'Eglise catholique et de l'Islam ayant une conscience claire, aigüe du drame qui se prépare en Centrafrique, il ne devrait pas être très difficile d'amener les milices qui s'affrontent les armes à la main et terrorisent la population à rendre définitivement les armes pour ramener la paix.

Mais cela suppose que l'on regarde enfin la vérité en face et que l'on neutralise les forces obscures qui œuvrent dans l'ombre pour exploiter les richesses de ce pays en y faisant régner la terreur par personnes interposées. Ne nous voilons donc pas la face et relançons le dialogue qui s'était établi à Brazzaville il y a trois ans entre les frères ennemis. Alors, en effet, nous aurons une chance d'épargner à nos frères centrafricains le nouveau drame qui se prépare.

Les Dépêches de Brazzaville

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