Présidentielle camerounaise : une campagne sur fond de tensions

Samedi 22 Septembre 2018 - 14:15

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En pleine campagne électorale, les neuf candidats devront se montrer au-dessus de la mêlée dans un pays où la crise sécuritaire dans les deux régions anglophones ne faiblit pas.

Pendant deux semaines, le Cameroun vivra au rythme d’une campagne heurtée par diverses tensions et crises avant l’échéance du 7 octobre. Depuis des mois, la violence n’a cessé de croître dans les principales villes des deux régions anglophones du pays. L’armée y est quotidiennement aux prises avec des combattants séparatistes se proclamant « forces de restauration » du Cameroun sud, représentant la frange radicalisée d’un vaste mouvement de mécontentement de la population anglophone, né fin 2016. Selon le gouvernement, plus de quatre-vingts membres des forces de sécurité ont été tués dans ces combats. Selon des sources onusiennes, plus de six cents personnes auraient été arrêtées depuis le début de la crise.

Les résidents de ces régions vivent depuis des semaines sous couvre-feu et la crainte d’une flambée de violence à l’approche du jour du vote a conduit des milliers de personnes à fuir dans le sud-ouest et le nord-ouest. Difficile dans ces conditions de savoir si les candidats à l’élection présidentielle pourront se mouvoir librement dans ces deux régions.

Dans l’extrême-nord, le conflit contre Boko Haram a certes baissé en intensité mais la secte djihadiste continue d’y faire des victimes. Des enlèvements et des tueries de paysans restent régulièrement répertoriés le long des localités frontalières avec le Nigeria.

Outre ce climat de crispation, les candidats de l’opposition ont dénoncé aussi ces derniers jours des manœuvres de l’administration pour empêcher la tenue de leur meeting.

En dehors du président sortant, Paul Biya, du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, les principaux candidats retenus sont Joshua Osih, du Social democratic front, principal parti d’opposition, et Garga Haman Adji, de l’Alliance pour la démocratie et le développement, arrivé troisième lors de la dernière présidentielle, en 2011.

Seront également présentes des figures montantes de l’opposition telles que l’avocat anglophone Akere Muna, investi par le Front populaire pour le développement, Maurice Kamto, du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, et Cabral Libii, du parti Univers. On retrouve aussi parmi les candidats Adamou Dam Njoya, de l’Union démocratique au Cameroun, Serge Espoir Matomba, du Peuple uni pour la rénovation sociale, et Frankline Ndifor Afanwi, du Mouvement citoyen national camerounais.

Au total, Elecam, l'organe chargé des élections, avait reçu vingt-huit dossiers de candidatures, dont dix-huit ont été rejetées, tandis qu’un candidat s’est désisté.

Josiane Mambou Loukoula

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