Pretoria : le procès des présumés conspirateurs contre Joseph Kabila renvoyé au 28 juillet

Mardi 22 Juillet 2014 - 17:29

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Le report fait suite à la demande de l’avocat Thesigan Pillay qui prépare un recours pour contester la légalité de l'enquête, et notamment de l'infiltration policière ayant conduit à l'arrestation de vingt congolais accusés de tentative de coup d’État contre le régime en place en RDC.

Attendue le 21 juillet, l’audience mettant en cause vingt ressortissants de la RDC accusés de tentative de coup d’État contre le président Joseph Kabila à partir du territoire sud-africain a été reporté au 28 juillet. Le tribunal de Pretoria s’est vu obligé de surseoir la séance sur demande de Me Pillay qui assure la défense de quatorze prévenus. Ce dernier a indiqué à la Cour qu’il préparait un recours pour contester, dès la semaine prochaine, la légalité de l'enquête, et notamment de l'infiltration policière ayant conduit à l'arrestation des comploteurs présumés.

En effet, la mise en accusation des vingt congolais résulte de l’infiltration en leur sein pendant six mois d’un policier qui a pu filmer de nombreuses rencontres et échanger des mails accréditant la thèse de la préparation d'un coup d'État contre le régime en place en RDC. En plus de cela, Me Pillay a fait part aux juges des conditions carcérales précaires dont bénéficiaient ses clients sur fond de mauvais traitement leur infligé par les responsables de la prison. « Plusieurs de mes clients ont affirmé avoir subi des abus physiques, psychologiques et verbaux de la part du personnel pénitentiaire », s’est-il plaint. « La décision du report a été prise après concertation des deux parties pour permettre d’examiner la plainte de la défense qui dénonce le mauvais traitement des accusés par les autorités de la prison où ils sont détenus », a pour sa part expliqué le procureur Torie Pretorius.             

Entre-temps, un des prévenus, en l’occurrence l’accusé numéro vingt, a changé d’avocat et celui-ci n’a eu accès au dossier que la veille de l’audience. « Il a besoin d'une semaine pour préparer sa défense », a fait savoir la Cour. Cette audience, rapportent les témoins, s’est déroulée sur fond d’agitation entretenu par des groupes des Congolais de la diaspora sud-africaine réputée anti-Kabila.

Pour rappel, les vingt hommes avaient été interpellés par les autorités sud-africaines en février 2013 et sont incarcérés depuis lors. Présentés comme des rebelles de l'Union des nationalistes pour le renouveau, ils sont âgés de vingt-cinq à quarante-neuf ans et leur libération conditionnelle avait été refusée en mars 2013. Ils sont accusés de complot visant l’assassinat de Joseph Kabila et de plusieurs autres autorités du pays.

 

  

Alain Diasso