Procès d'André Okombi Salissa : les audiences se poursuivent lundi

Samedi 2 Mars 2019 - 14:00

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Après le passage d’un expert en armement et de deux témoins de l’accusation, la Cour procédera le 4 mars à l’audition des écoutes téléphoniques.

Le procès d'André Okombi Salissa, accusé pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et de la détention illégale d’armes et munitions de guerre se poursuit à la Cour d’appel de Brazzaville. En effet, la journée du 1er mars s’est clôturée par un débat assez houleux sur l’audition des écoutes téléphoniques. Si pour le parquet général et la partie civile ces éléments constituent une preuve supplémentaire de l’accusation, la défense a estimé que ces écoutes portent sur la période 2015 alors que les enquêtes préliminaires ont eu lieu courant 2016. Pour elle, ces éléments ne doivent pas être versés au dossier. Après avoir suspendu l’audience pendant quelques minutes, le premier président de la Cour d’appel de Brazzaville, Christian Oba, a rejeté le préalable de la défense.

Peu avant, la Cour avait poursuivi l’audition d’un témoin déjà entendu la veille. Il s’agit de Purhence Etoula-Pominoko, président du parti Mouvement Congo uni. Proche d’André Okombi Salissa, ce dernier a dit avoir pris ses distances depuis l’échec enregistré pendant la campagne contre le changement de la Constitution du 20 janvier 2002. Il a été entendu dans le cadre de l'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat, reprochée à l'ancien   ministre. Ainsi, devant les juges, il a essayé d’expliquer à sa manière ce qu’il connaissait de cette affaire sans pour autant enfoncer l’accusé. Des déclarations que la Cour criminelle pourrait exploiter le moment venu.

Déjà, le 28 février dernier, la Cour avait auditionné le jeune Chance Bonazebi, dans le cadre du chef d’accusation sur la détention illégale d’armes et munitions de guerre. En effet, témoin à charge, ce jeune né en 1991 a dit, devant la barre, qu’il avait servi chez André Okombi Salissa en qualité d’agent de sécurité de 2015 à 2016, notamment lors des campagnes référendaire et  présidentielle. Ainsi, pour la manifestation de la vérité, la Cour a confronté l’accusé et le témoin à charge. Une confrontation marquée parfois par des réponses évasives du témoin, même s’il a quelque peu attiré l’attention des juges sur quelques noms cités. Après avoir posé quelques questions au témoin, l’inculpé a conclu en ces termes : « Toutes ces réponses témoignent qu’il n’est pas de mon milieu. Je ne connais pas Bonazébi Chance ».

« J’ai fait partie d’une opposition exemplaire, démocratique et républicaine... »

Interrogé par la Cour s’il avait appelé le peuple à la désobéissance civile ou à l’insurrection populaire, André Okombi Salissa a répondu qu’à titre individuel, il ne reconnaît pas cela. Il a rappelé aux juges qu’il a fait partie d’une opposition exemplaire, démocratique et républicaine qui a fait preuve de responsabilité à différents niveaux. Selon lui, l’opposition battait campagne régulièrement sur l’ensemble du territoire national et organisait beaucoup de meetings dans les arrondissements, les communautés urbaines du pays sans incident.

« Je comprends, ce qui est arrivé le 20 octobre 2015, c’est ce qui m’arrive maintenant parce que nous arriverons dans le grand dossier. Là où vous allez savoir, j’ai développé cela devant le juge assesseur qui était président de la commission, ce qu’on appelle en politique la théorie du complot ou un néologisme de conspirationniste », a promis le principal accusé.

Parfait Wilfried Douniama

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