Processus de paix dans le Pool : après la sortie publique de Ntoumi à Vindza…

Mercredi 22 Août 2018 - 17:00

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Frédéric Bintsamou était bien à Vindza, le 21 août, où il s'est entretenu avec les membres de la Commission ad hoc mixte et paritaire (Camp) chargés de mettre en application l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités dans le Pool, signé le 23 décembre 2017. Que réserve la suite ?  

Le processus de rétablissement et de consolidation de la paix dans le département du Pool est tributaire, en effet, du respect par le gouvernement et les représentants du pasteur de Ntoumi de l’accord du 23 décembre 2017.

Cependant, plus d’un observateur exprime une certaine peur en ce qui concerne le retour progressif à la paix définitive dans cette partie du pays, en décryptant à fond les doléances présentées le 21 août par l’ancien chef rebelle aux membres de la Camp.

Dans son mot de circonstance à cette occasion, il est revenu, avec insistance, sur la nécessité pour l’Etat de réunir des conditions pour sa sortie définitive des forêts. Des exigences qui pourraient, si elles ne sont pas résolues, compromettre la mise en œuvre de cet accord. Parmi les doléances formulées, il y a, entre autres, la réhabilitation des maisons de Frédéric Bintsamou détruites du fait des conflits, la redéfinition de son statut particulier et la réinsertion sociale des ex-combattants.

« Le gouvernement a mis la charrue avant les bœufs, en organisant (Ndlr, le 7 août à Kinkala) la cérémonie de ramassage des armes sans tenir compte de certains préalables soulevés par mes représentants au sein de la Camp. Cette opération ne constituait pas une priorité. Elle pouvait intervenir après ma sortie des forêts du Pool », a fait remarquer l’ancien rebelle. 

Alors que dans l’accord du 23 décembre 2017, le point sur le ramassage des armes auprès des ex-combattants y figure en bonne place parmi les engagements pris par ses représentants siégeant à la Camp. Avait-il une hiérarchisation dans la mise en application des dispositions de ce texte ? Certainement non. Ce sont les circonstances et le contexte qui en déterminent l’exécution, assurément.

De plus, pendant que les spécialistes estiment que les armes entre les mains des ex-combattants présentent un grand danger, l’ancien chef rebelle pense le contraire lorsqu’il déclare: « On peut remettre les armes aux autorités compétentes mais si la situation qui a été à l’origine du conflit n’est pas résolue, ce serait peine perdue ».

                              D’autres dispositions à ajouter à l’accord pour satisfaire les doléances de Ntoumi ?

La démarche du gouvernement pourrait être autrement. Cependant, pour les besoins du rétablissement définitif de la paix, l’exécutif devrait penser à apporter des réponses convenantes à quelques doléances de l’ex-chef rebelle qui s'apparentent à un chantage, parce que son mécontentement pourrait reconduire le département du Pool dans l’insécurité.

« Je ne dors pas dans une maison. J’ai une famille et j’ai promis d'aller m’installer à Mayama. Où vivrais-je avec ma famille puisque toutes mes habitations ont été détruites », s’est interrogé Fréderic Bintsamou, avant d’évoquer la question concernant la redéfinition de son statut social. Ce à quoi, le président de la CAMP, Séraphin Ondélé, qui a dit prendre acte de cette doléance, a promis de rendre compte à sa hiérarchie. 

 Fréderic Bintsamou est un récidiviste. Il est à son énième accord de paix signé avec le gouvernement et il a toujours regagné le maquis au moindre différend avec ses partenaires.  

Rappelons que l’accord du 23 décembre 2017 avait été signé par le gouvernement et les représentants de Ntoumi dans le souci de contribuer à rétablir et à consolider la paix, l’unité nationale et la démocratie au Congo.

En signant cet accord, Ntoumi s'est engagé à cesser le feu et arrêter les hostilités ; faciliter le ramassage des armes détenues par les ex-combattants et les remettre à la Camp et aux institutions habilitées ; ne créer aucune entrave à tout processus conduisant au rétablissement de l’autorité de l’Etat dans le département du Pool, à la libre circulation des personnes, des biens et des services dans le Pool, notamment sur les rails, les routes nationales et secondaires, enfin à faciliter le déploiement  de la Force publique dans le Pool.

Pour sa part, le gouvernement est tenu à garantir la sérénité, l’application et le parachèvement du processus de paix ; la mise en place d’une commission ad hoc mixte-paritaire pour veiller à la poursuite du processus de paix et à l’application stricte de l’accord ; le processus de démobilisation, de réinsertion professionnelle, sociale et économique des ex-combattants après le ramassage des armes ; l’allègement progressif du dispositif militaire sous le contrôle de la commission ad hoc mixte-paritaire, dans les zones de conflits ; la réinstallation des personnes déplacées dans leurs localités d’origine.  

        

Roger Ngombé

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