Province du Bas-Uele : publication d’une étude sur l’épidémie d’Ebola

Mardi 9 Avril 2019 - 20:13

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La maladie déclarée en 2017 dans la zone de santé de Likati a fait l’objet d’une enquête publiée récemment par le journal of Infectious Diseases. Elle a été menée par une équipe internationale composée de chercheurs du ministère de la Santé, de l’Organisation mondiale de la santé, de Médecins fans frontières et des chaires de recherche du Canada. 

Les résultats de l'étude ont révélé que le cas index aurait été exposé au virus Ebola en manipulant de la viande de brousse. Un chasseur avait amené dans le village du cas index un sanglier mort que le cas index avait dépecé ainsi qu’une dépouille de singe qui avait été vendue au marché. Bien que la manipulation d'un animal mort par une personne soit à l’origine de la contamination initiale par Ebola, la transmission entre les humains est toujours responsable de la propagation et de l’aggravation d’une épidémie. 

Les chercheurs ont, par ailleurs, identifié plusieurs facteurs ayant contribué à la maîtrise rapide de l’épidémie de Likati. Il s’agit notamment de la rapidité de la réponse par le ministère de la Santé  qui avait déclaré l’épidémie d’Ebola moins de six semaines après que le cas index a développé les symptômes de la maladie.

La formation du personnel de santé s’est manifestée par l’alerte de l’épidémie, lancée par un infirmier du centre de santé de Nambwa qui a immédiatement mis en place un système d’isolement du patient et de sa famille. L’infirmier lui-même s’était mis en isolement en attendant l’arrivée des équipes de riposte de Kinshasa afin de protéger sa famille. Cet infirmier avait participé à un programme de formation sur la détection d’Ebola pour les prestataires de soins locaux en juin 2016, ce qui lui avait permis d’identifier rapidement le cas index.

La responsabilité de la communauté s’est caractérisée par le conseil de l’infirmier. Ayant constaté des morts inhabituelles présentant des signes similaires dans la communauté, les proches du cas index ont mis en place un système ad hoc d’enterrement sécurisé, qui comprenait notamment la décontamination des effets personnels des personnes décédées, avant l’arrivée des équipes de riposte.   

Pour rappel, le ministère de la Santé avait déclaré l’épidémie d’Ebola à Likati, le 11 mai 2017, et l’épidémie avait pris fin le 1er juillet . Lors de cette épidémie, le pays avait enregistré huit cas, dont cinq confirmés et trois probables. Quatre personnes avaient succombé. Cette épidémie était limitée à une seule chaîne de transmission autour du cas index. Deux membres de sa famille avaient attrapé la maladie en transportant le malade sur une moto vers un centre de santé. Ces deux membres, appelés cas secondaires, avaient ensuite transmis la maladie à cinq personnes supplémentaires. 

Blandine Lusimana

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