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Samedi 15 Février 2020 - 17:30

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Qui ose encore poser les bornes des libertés individuelles, de la pudeur citoyenne, et même de la prudence humaine à l’heure du numérique ? Presque personne, pourrait-on dire, au regard de la charge mortelle que l’usage déloyal des réseaux sociaux inflige au village planétaire que se partagent ses « pauvres » terriens que nous sommes. Vie privée, vie publique, rien ne particularise jamais plus ces deux axes essentiels de bonne entente que, par souci pour l’équilibre des sociétés qui les accueillent, les hommes, devenus modernes, ont toujours magnifiés.  

Ceci pour évoquer -ses diffuseurs aimeraient sans doute qu’on le désigne ainsi, - « le scandale » de la vidéo publiée, jeudi 13 février, montrant un homme public français dans une posture intimiste normalement inviolable. Candidat de la République En Marche à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux ne le sera plus du fait de ce post puisqu’il a annoncé de suite son retrait de la course.

Mise à part la symbolique du moment de diffusion de la vidéo, il semble que l’acte ait eu pour effet de déstabiliser un candidat présenté par un parti potentiellement en vue. Le rejet de façon quasi unanime par la classe politique française, y compris ses adversaires, du procédé qui consiste à fouiller dans la vie privée d’autrui à des fins de dénigrement montre que les luttes de pouvoir peuvent se passer de tels artifices. En revanche, il traduit une inquiétude partagée des acteurs publics face aux ravages indicibles des réseaux sociaux tant que certaines personnes les utiliseront globalement avec l’intention de « tuer ».

Le fossé se refermant assez vite entre vie publique et vie privée, il faut craindre que des hackers et autres blogueurs ne ciblent désormais les fichiers électoraux et les résultats des votes pour les modifier à leur guise. Le débat sur une possible manipulation à distance de la dernière présidentielle américaine ayant laissé des traces dans l’histoire des élections au pays de l’Oncle Sam, il n’est pas inutile d’inciter les Etats à mieux contrôler les réseaux sociaux et surtout les usages qui leur sont dédiés. Autant donc se souvenir toujours du dicton : science sans conscience…

 

Gankama N'Siah

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Édition Quotidienne (DB)

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