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RDC: le défi de la cohésion partisane

Dimanche 12 Août 2018 - 10:02

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Maintenant que les choses sont un peu plus claires en République démocratique du Congo (RDC), les candidats déclarés à la présidentielle de la fin d’année sont connus, le suspense entretenu par le président Joseph Kabila sur ses intentions est levé, les regards des observateurs ne se détourneront pas pour autant de ce pays qui est sur la sellette depuis plus de deux ans. Si, à l’évidence, le chef de l’Etat sortant a fait l’unanimité sur la décision qu’il a prise de ne pas se représenter, la bataille pour sa succession pourrait s’avérer bien plus rude qu’on ne le pense. Pour un certain nombre de raisons, dont deux principalement paraissent évidentes.

La première est liée à la validation des candidatures par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Parmi les vingt-six concurrents, il y en a un, Jean-Pierre Bemba, en l’occurrence, dont la situation personnelle continue de nourrir une certaine polémique. Pour ses partisans, leur leader récemment blanchi par la Cour pénale internationale (CPI) pour des charges de crimes de guerre, crimes contre l’humanité qui pesaient sur lui, jouit désormais de tous ses droits et ne devrait avoir à s’inquiéter quant à la conformité de son dossier. A Kinshasa, on a vu le président du Mouvement de libération du Congo (MLC) s’exprimer après son enrôlement, un brin confiant dans le processus en cours et assuré de participer à l’élection.

En revanche, ses détracteurs invoquent les dernières accommodations judiciaires que l’ancien pensionnaire de la CPI n’a pas encore soldées : l’affaire de subornation de témoins, sur laquelle les juges de la Haye attendent de se prononcer. Le propos assimilant la subornation de témoins à de la corruption relayé dans le camp de la majorité s’inscrivait-il dans l’hypothèse où le président Joseph Kabila ferait acte de candidature et donc serait à reconsidérer ou bien participe-t-il d’une stratégie destinée à écarter un adversaire de la course ? Les délibérations de la Céni donneront sans doute plus d’éclairage sur la question. Mais, si Bemba est invalidé pour une raison ou une autre, le processus électoral en RDC pourrait à nouveau être confronté à de dommageables crispations.  

La seconde raison concerne l’avenir des coalitions autour des candidats les plus en vue. Il est autorisé de dire que pour l’heure, le Front commun pour le Congo fait corps avec Emmanuel Ramazani Shadary, présenté comme l’oiseau rare de la majorité sortante. Mais peu avant le dévoilement de son nom, l'ancien ministre Tryphon Kin-Kié Mulumba, qui émargeait jusque-là dans le camp présidentiel, a pris le large en se portant candidat à la magistrature suprême. A-t-il du soutien dans la famille politique qu’il vient de quitter ? Joue-t-il son va-tout pour continuer à exister politiquement ?

Et l’opposition qui a tous ses « poids lourds » dans la course, est-elle sur le point de s’unir autour d’un seul homme pour espérer gagner la bataille de l’alternance ?

Pour ce scrutin présidentiel à un tour, il vaut mieux pour les deux camps se préparer au mieux afin que le coup du K.O. de la fin des échéances électorales ne donne pas lieu ensuite à des batailles de rue dans lesquelles, très souvent, le peuple-électeur paye un lourd tribut. Par la faute de ceux-là mêmes qui, toutes prières assumées, lui demandent ses voix à cor et à cri.

Gankama N'Siah

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