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Réparer ?

Mardi 6 Novembre 2018 - 19:40

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L’une des grandes questions que pose la commémoration pour le moins théâtrale du centenaire de la fin de la « Grande guerre », autrement dit de la Première Guerre mondiale, organisée en France par le président Emmanuel Macron, est bien celle de la réparation. Ou, plus exactement, de la reconnaissance au plus haut sommet de l’Etat du rôle décisif que jouèrent les Tirailleurs africains lorsque l’Allemagne tenta d’asservir l’Europe au début du siècle précédent.

Nous l’avons, en effet, écrit ici même à maintes reprises : sitôt le conflit terminé, les sacrifices consentis par les soldats venus de l’Afrique équatoriale française (AEF) et de l’Afrique occidentale française (AOF) ont été sinon oubliés, du moins considérés par les historiens mais aussi par les dirigeants politiques comme secondaires. Ceci alors même que sans l’apport de la « Force noire », les troupes alliées n’auraient probablement pas réussi à battre les troupes allemandes qui les assaillaient depuis quatre longues années.

Ce qui ressort du discours que le chef de l’Etat français a prononcé hier à Reims, devant le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, et de nombreux ambassadeurs africains dont bien sûr celui du Congo, Rodolphe Adada, c’est le fait que cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, la France et ses alliés entendent maintenant redonner aux dizaines de milliers de Tirailleurs venus du grand Sud la place qui leur revient dans la victoire du 11 novembre 1918. Une reconnaissance publique qui devrait, à terme rapproché, se traduire par un resserrement des liens existant entre l’Afrique et la France dont les effets pourraient se révéler très grands.

Quelle forme prendra ce resserrement dans les mois et les années à venir ? Personne aujourd’hui ne peut le dire. Mais il ne serait pas étonnant qu’il se traduise par une aide accrue de la France à ses partenaires dans les domaines les plus divers. Tout simplement parce que dans le contexte diplomatique présent où les Etats-Unis paraissent se replier sur eux-mêmes et où l’Europe se fragmente, la France va devoir se préoccuper plus et mieux qu’elle ne l’a fait jusqu’à présent d’accompagner sur la voie du développement durable les pays qui par deux fois l’ont aidée à préserver sa liberté. Le 11 novembre 2018 qui approche à grand pas est pour elle une merveilleuse occasion de le dire avec force.

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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