Soudan du Sud : l’ONU demande la libération des civils enlevés

Samedi 20 Octobre 2018 - 15:00

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Près de neuf cents personnes ont été enlevées et vint-quatre mille forcées de fuir leurs domiciles lors d’une flambée de violences dans la région d’Équatoria occidental, selon un rapport des Nations unies publié le 18 octobre et qui avertit sur les immenses souffrances infligées aux civils.

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a déclaré: « A notre connaissance, la plupart des civils enlevés sont toujours détenus. L'APLS dans l'opposition doit immédiatement les libérer, en premier lieu les enfants. Dans le cadre d’une relance du processus de paix, il est également essentiel que le gouvernement sud soudanais veille à ce que les auteurs des violations et abus décrits dans ce rapport répondent de leurs actes ».

Ces violences ont eu lieu entre avril et août derniers, à la suite des affrontements entre l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et celle de Riek Machar.

Le document rappelle qu’en avril, après plusieurs mois d’accalmie relative, l’APLS dans l'opposition pro-Riek Machar a intensifié ses attaques contre des villages et ciblé des civils à Gbudue et à Tambura. Ensuite, les offensives de l’APLS visant à déloger les groupes rebelles ont également causé des préjudices aux civils, avec des opérations ne faisant pas distinction entre civils et combattants, selon ce rapport conjoint de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) et le Bureau des droits de l’homme de l’ONU dans ce pays.

Une délégation des Nations unies et d'agences humanitaires s'est rendue dans la région reculée de Tambura, en Équatoria occidental, pour constater le sort tragique de milliers de personnes qui ont fui l'escalade de la violence, en avril.

Des rebelles accusés d’exécutions extrajudiciaires, d’enlèvements et de viols

Des récits corroborés de victimes et de témoins indiquent que des femmes et des filles, âgées d’à peine 12 ans, ont été enlevées par les forces de l’opposition. Ces dernières ont été exhibées et alignées pour que les commandants puissent choisir des « épouses ». Celles qui n’ont pas été choisies ont été laissées à d’autres combattants qui les ont soumises à des viols répétés. Les jeunes hommes et les garçons enlevés ont été enrôlés de force pour être des combattants ou des porteurs.

Le rapport a documenté des attaques de l'APLS dans l'opposition sur au moins vingt-huit villages, un camp de déplacés internes et un camp de réfugiés à Gbudue et à Tambura. Au cours de ces attaques, de graves violations du droit international des droits de l’homme et du droit humanitaire ont été commises.

A cet égard, l’ONU cite des exécutions extrajudiciaires, des enlèvements, des viols, des cas d’esclavage sexuel, des recrutements forcés et une destruction de biens. La division des droits de l’homme de la Minuss a identifié trois chefs de l'APLS dans l'opposition ayant eu une responsabilité de commandement et de contrôle effectif des forces qui auraient commis ces violations qui pourraient constituer des crimes de guerre.

De leur côté, les forces gouvernementales de l’APLS ont également mené, en mai, autour de Nagero, des opérations militaires caractérisées par de graves violations, notamment des exécutions extrajudiciaires et des destructions de biens civils.

« Il est décevant que cette flambée de violence intervienne alors que les belligérants négociaient un nouvel accord de paix et ce, malgré les efforts de réconciliation déployés par la communauté touchée à l’époque », a regretté le représentant spécial du secrétaire général et chef de la Minuss, David Shearer. Ajoutant: « Un nouvel accord de paix a été signé. Il incombe aux parties belligérantes de veiller à ce qu’aucune atrocité ne soit commise à l’avenir. La Minuss suivra de près toutes les violations et abus potentiels »,

En attendant, dans ses recommandations, le rapport de l’ONU plaide pour une reddition des comptes et appelle au renforcement des programmes existants de reconstitution et de résilience, afin de rétablir l’accès aux services de base. Il s’agit d’apporter un soutien médical et psychosocial aux victimes de violences sexuelles en périodes de conflit.

 

 

 

 

Yvette Reine Nzaba

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