Spectacle de danse : Matinu ma mpimpa réinvente le style ethno-tradi folklorique

Vendredi 14 Juin 2019 - 18:45

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Le groupe s’est produit sur scène, le 12 juin,  à l’Institut français du Congo (IFC), dans le cadre de l’émission télévisée « ça c’est Brazza ».

Durant près de quarante-cinq minutes de prestation, Matinu ma mpimpa a ébloui le public en mettant en relief les rites et rythmes traditionnels ancestraux du Congo. Lumières fluorescentes multicolores, silence comble dans la salle Savorgnan de l’IFC, le spectacle pouvait alors commencer. Il était environ 17h15 mn, quand vingt-deux artistes occupèrent la scène au fur et à mesure qu’ils s’éclipsaient des coulisses les uns après les autres. C’était la première sortie devant un public très attentif et enthousiaste par la chorégraphie originale des musiciens.

L’histoire véhiculée par le groupe à travers cinq scènes, sectionnées par de petites pauses de trois à cinq minutes, est celle d’un rituel de danse nocturne chassant les esprits malfaisants troublant la paix dans les villages, suite au litige sur « La langue du renard noir ».

Ce récit représente une réelle diversité des cultures provenant de différents départements du pays :  la Sangha, les Plateaux, le Pool, la Bouenza, la Cuvette,  le Niari… La troupe de danseurs et musiciens d’instruments ethniques a fourni une source de médiation, d’équilibre et de guérison dans la vie quotidienne, en mêlant l’éducation et le divertissement pour un public d’horizons divers.

Tout au long de ce spectacle, qui s'est transformé en voyage à travers les tams-tams, chants, danses et sons d’instruments ethniques (les ngonguis, mukwitis, pounguis dia mampoka, tsakalas, tidandas, etc.), Matinu ma mpimpa a plongé les spectateurs dans l’essence de ses rythmes mythiques, alliant tradition et modernisme.

« La langue du renard noir » est un partage ondulatoire à la fois mélancolique et jovial. Allant et revenant souplement le long de la scène, écartant et rapprochant les jambes, les permutations d’axes et de cadences, les changements entre solo et chœur, ces artistes ont coordonné et enchaîné avec précision chaque mouvement, du début à la fin de leur prestation. Sortant d’une performance impressionnante, ce groupe paraissait plus ravi que fatigué.  En effet, à la fin du spectacle, Matinu ma mpimpa a remercié le public, puis s’est détendu dans des selfies tout en se tapant la causette avec qui le voulait.

Notons que Matinu ma mpimpa, qui signifie « Le rituel de danse nocturne », a été créé en 2006 et régularisé en octobre 2017 par son promoteur, Edgard Pierre Martial Koko. Multi-instrumentiste ethnique, il vise, à travers ce groupe, à faire découvrir, diffuser, promouvoir et enseigner cette nouvelle musique culturelle, ces instruments ethniques et cette danse partout dans le monde. Matinu ma mpimpa a déjà fait plusieurs scènes, notamment dans quelques pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie et aux Etats-Unis d’Amérique. Il demeure visible à travers leur page Facebook.

                                      Résumé du spectacle

"La langue du renard", très prisée par les chefs du village et regorgeant des secrets mystiques, est le présent exclusif du chef, quand le chasseur ramène le renard noir au village au moment du partage collectif au mbongui, place où se réunissent les sages et les initiés.

Mais, en 1937, N’Koko brisa ce culte et s’autoproclama l’ayant-droit de la langue du renard, au grand étonnement du chef du village qui sortit son mvoila (canne magique et mystique) pour tuer le rebelle. Malheureusement, celui du rebelle fut plus puissant et tua le chef. Son esprit terrorisa tout le village à tel point qu’on fit appel au grand initié, Mbouango, pour pratiquer le muloko (rituel de danse nocturne) dans le but de rétablir la paix, l’ambiance et l’unité au sein du village.

 

 

Merveille Atipo (stagiaire)

Légendes et crédits photo : 

Matinu ma mpimpa en pleine prestation

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