Table ronde : 70 ans après, que pensent-ils de Présence Africaine ?

Mercredi 22 Mai 2019 - 19:22

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Les Prs Mukala Kadima-Nzuji, André Patient Bokiba et Omer Massoumou ont animé une conférence-débat, le 22 mai,  autour du thème « Que représente aujourd’hui Présence Africaine, dans son influence et dans l’imaginaire pour les intellectuels et la jeunesse ? ». La rencontre a eu lieu dans l’auditorium du rectorat de l’Université Marien-Ngouabi.

Rencontre d’environ une heure et demie, la conférence-débat a été un moment fructueux d’échange entre les hommes de lettres et le public présent.

Pour les orateurs, parler de Présence Africaine convient en parallèle de parler de cette maison d’édition dédiée à la cause de l'Afrique,  la cause de l’homme noir. En effet, depuis sa création en 1949 par le Sénégalais Alioune Diop, Présence Africaine a longtemps promu la culture et la littérature négro-africaines.

Ouvrant la table ronde, le Pr Mukala Kadima-Nzuji a avant tout salué l’apport incontournable de la maison d’Edition Présence Africaine, un acteur majeur dans la reconnaissance de la valeur et de l’identité africaine.

« Pour ma part, ce ne sont pas les universités occidentales dans lesquelles je suis passé qui ont fait de moi l’homme que je suis aujourd’hui. C’est plutôt Présence Africaine car par elle, j’ai pu penser l’Afrique par l’Afrique et comme un vrai africain », a-t-il précisé.

Il a, par ailleurs, fait part à l’assistance de son arrivée dans cette maison d’édition, qui ne résulte en réalité que du hasard. Alors qu’il sollicitait un appui pour publier un de ses travaux scientifiques, Alioune Diop lui offrit l’occasion d’y travailler. A la fois surpris et très heureux, le Pr Mukala Kadima-Nzuji accepta la proposition. Et aujourd’hui, pour lui, parler de Présence Africaine, c’est avant tout reconnaître les mérites et les valeurs de son fondateur. « C’était un homme exceptionnel, avec un grand sens d’écoute, d’amabilité et de modestie. J’ai beaucoup appris à ses côtés et chaque fois que je suis à Présence Africaine, je me sens comme chez moi », a t-il souligné. 

Même sentiment du côté du Pr André Patient Bokiba qui n’a pas manqué de se remémorer la richesse de cette maison d’édition qui a su raconter les choses par la diversité des thématiques, des inspirations et des opinions ainsi que son caractère concret dans la transmission de la pensée par l’écriture. Une présence africaine, a évoqué l’auteur, devenue la leur aujourd’hui. « Que ce soit la maison d’édition ou la revue, Présence Africaine reste pour nous, un véritable symbole d’affirmation de notre identité collective et un grand espace de partage et d’apprentissage », a t-il ajouté. 

Pérenniser l’effort d’Alioune Diop…  

70 ans après, le public a loué le grand parcours de cette maison d’édition qui a permis aux fils du continent, pour la plupart, de partager leurs pensées avec le monde et de faire asseoir leurs idéologies. Mais, aujourd’hui, il appartient en premier lieu à l’Afrique de perpétuer l’idéal vers lequel tendait son fondateur. Un souhait martelé par l’ambassadeur du Cameroun au Congo, Komidor Njimoluh Hamidou, qui exhorte à la redéfinition et la prise en compte de nouveaux paradigmes qui contribueront à faire rayonner davantage l’Afrique ainsi que ses fils. 

En outre, Laure Edith Itoua, conseiller du chef de l'Etat en charge des Congolais de l'étranger, pense que poursuivre l’œuvre d’Alioune Diop c’est aussi pour les Africains se tourner davantage vers la maison pour éditer leurs œuvres. A cela s’ajoute le soutien multiforme que peuvent apporter les différentes nations du continent pour porter encore plus haut l’étendard de Présence Africaine, qui fait la grande fierté culturelle et littéraire d’Afrique aujourd’hui. 

Notons qu’une table ronde autour de cette aspiration se tiendra ce 23 mai à 16h, à l’institut français du Congo. Elle sera animée par Suzanne Diop, Romuald Fonkoua, Gabriel Okoundji et Boniface Mongo Mboussa, tous membres de la maison d’édition.

 

 

Merveille Atipo (stagiaire)

Légendes et crédits photo : 

Une vue des trois conférenciers

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