Théâtre : la pièce « Le chef de famille malgré lui » de Jean-Marie Bamokena jouée à l’IFC

Jeudi 18 Juillet 2019 - 20:45

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En préparatif de ses vingt-cinq ans d’existence, le groupe de théâtre l’Agora, de la paroisse Saint-Pierre-Claver de Bacongo, a offert un spectacle inédit le jeudi 11 juillet à l’Institut français du Congo (IFC) de Brazzaville. « Le chef de famille malgré lui », l’une des pièces du dramaturge congolais, Jean-Marie Bamokena, a été mise en scène avec brio devant un public nombreux.

Dès 19 h 00, la salle Pierre-Savorgan-de-Brazza de l’IFC était presque archicomble. Les minutes qui suivent, les lumières ont été éteintes du côté du public pour faire découvrir le décor dans lequel s’est déroulé un spectacle théâtral très attrayant et de haute facture. Des acteurs de talent ont défilé les uns après les autres pour faire vivre les différentes intrigues qui constituent la pièce tragi-comique « Le chef de famille malgré lui».

Il s’agit d’une histoire satirique sur les réalités congolaises liées aux funérailles. Grand moment qui rassemble autour de la dépouille mortelle les membres de sa famille, les amis et connaissances. Une occasion à laquelle l’intervention du chef de famille se révèle indispensable. Mais, dans ce cas de figure, le véritable chef de famille est absent, parce que banni et accusé de sorcier.

Le neveu et frère du défunt est sollicité à la place pour accomplir les devoirs qui incombent au chef de famille. Il doit organiser les funérailles selon toutes les exigences de la tradition. Cependant, Tapalé, ce nouveau chef de famille forcé, est progressiste. Toute la scène met en relief les pratiques traditionnelles devenues presque désuètes en contraste à l’évolution des mentalités par rapport à la modernité.

C’est la remise en cause totale des habitudes endogènes comme les veillées mortuaires qui durent une semaine ou plus, en laissant parfois des centaines de gens dormir sous la belle étoile, malgré le froid et les moustiques surtout pendant la saison sèche. Les nuisances sonores des « radios matanga » qui laissent échapper des décibels insupportables sans tenir compte du sort des hypertendus, des élèves en préparation d’examen ou tout simplement des pauvres voisins en quête d’un légitime repos après le travail. La maltraitance des veuves, l’exclusion des orphelins, la délinquance juvénile, le mercantilisme autour de la mort sont autant d’antivaleurs dénoncées au cours de cette représentation théâtrale.

Comme l’affirmait l’illustre dramaturge français, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, le rôle du théâtre est de « travailler à rectifier et adoucir les passions des hommes ». Dans cette même foulée, Jean-Marie Bamokena lie le comique des situations et des caractères, pour faire prendre conscience à ses contemporains des pesanteurs déshumanisantes de la tradition par des scènes excellemment jouées, pour susciter une réflexion critique et un regard nouveau de la part des spectateurs, vis-à-vis de certaines habitudes pernicieuses, devenues presque une coutume dans les deux Congo et dans d’autres pays d’Afrique centrale. Jean Marie Bamokena a aussi publié deux pièces de théâtre, "Postite" et "Quel pays", publiées aux éditions La Doxa, disponibles à la Fnac et en ligne sur Amazon. "Postite" est classé dans la catégorie rars books de la special collection de la bibliothèque en ligne Princeton (États-Unis) et à la bibliothèque en ligne de l'université de Stranford (Grande Bretagne) dans la catégorie des livres classés "select".

 

Aubin Banzouzi

Légendes et crédits photo : 

Une scène de la pièce

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