Vie des partis : le Palu s’est souvenu de ses martyrs

Mercredi 30 Juillet 2014 - 17:45

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Il y a de cela dix-neuf ans, plus d’une dizaine des militants du Parti lumumbiste unifié (Palu) tombaient sous les balles des éléments de la garde civile dans la foulée d’un discours incendiaire tenu par Antoine Gizenga contre le régime Mobutu à la place Saint-Dominique.

Le cimetière de la Gombe a accueilli lE 29 juillet des invités d’un genre particulier. Il s’agissait des cadres et des militants du Palu. Ces derniers ont investi ce lieu funéraire pour se recueillir devant les tombes des camarades tombés il y a dix-neuf ans sous les balles de la soldatesque mobutienne. Sous la conduite du secrétaire permanent et porte-parole du parti, la cérémonie de recueillement s’est voulue sobre, sans fioritures. À côté de Willy Makiashi, l’on pouvait apercevoir d’autres cadres du Palu à l’image du vice-Premier ministre et ministre du Budget, Daniel Mukoko Samba.

Les membres de famille, les proches et connaissances des défunts étaient présents à cette cérémonie chargée de tristes souvenirs. Ils ont trouvé le réconfort nécessaire de la part du secrétaire permanent qui a eu les mots justes pour apaiser leur affliction d’avoir perdu des êtres chers. Le dépôt des gerbes des fleurs aura sans doute constitué le moment pathétique de cet instant mémorable où certains ont dû retenir leur souffle pour ne pas laisser échapper une larme. Pour Willy Makiashi, le sang versé par ces « martyrs de la démocratie et de la liberté » devrait constituer un leitmotiv pour le Palu dans son sempiternel combat pour l’émergence d’une société congolaise affranchie des antivaleurs.

Il y a de cela dix-neuf ans, en effet, le patriarche Antoine Gizenga s’était démarqué du régime Mobutu en développant un discours aux antipodes des idéaux prônés par feu Maréchal. Au cours d’une matinée politique organisée à la paroisse Saint-Dominique à Limete, Antoine Gizenga exhorta les Congolais à résister contre la dictature qu’incarnait le régime Mobutu. Une déclaration qui fut mal digérée par le défunt Maréchal qui n’hésita pas à dépêcher à sa résidence, située sur l’avenue Cannas à la 9e rue/Limete, un escadron de la mort constitué des éléments de la garde civile. Ces derniers y feront irruption et, dans la foulée, commettront plusieurs abus et dégâts. Plus d’une dizaine des militants trouvés sur les lieux furent tués et près de trois cents innocents blessés, sans parler des cas de viols perpétrés sur le coup. C’est dans cette atmosphère de confusion que le patriarche Antoine Gizenga fut enlevé au grand dam de ses proches qui n‘eurent qu’à déplorer la fureur assassine de la garde civile à travers les dégâts matériels causés sur le lieu.                    

Beaucoup se souviennent comme si c’était hier de cet épisode tragique du Palu. Le temps de marquer un temps d’arrêt, juste par devoir de mémoire, le parti cher à Antoine Gizenga poursuit allègrement sa marche vers la consécration en se positionnant plus que jamais comme l’une des forces politico-sociales significatives du pays.

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Willy Makiashi réconfortant les familles des victimes