Les Dépêches de Brazzaville



Développement : l’Afrique pourrait financer elle même 70% de son développement


Les Dépêches de Brazzaville : Contrairement aux idées préconçues, l’Afrique dispose d’importantes ressources propres pour financer son développement…
Sahra El Fassi : Il y a effectivement beaucoup de ressources disponibles mais il faut créer des incitations pour qu’elles servent au financement du développement. La manne financière des fonds souverains africains n’est pour l’essentiel pas investie sur le continent. Et globalement, le retour sur investissement que les États membres pourraient retirer des programmes d’investissement continentaux, n’est pas toujours clair si bien qu'ils hésitent parfois à mobiliser des ressources pour ceux-ci. On l’a vu avec l’expérience qu’a été le NEPAD.

LDB : Comment faire pour créer la confiance et remédier à cet état de fait ?
S.E.F. : Pour restaurer la confiance il faut que les États puissent voir les résultats tangibles de ces programmes d’investissement continentaux pour leurs pays au niveau régional, pas au niveau de l’Union africaine. Les projets retenus au niveau régional devraient également être en adéquation avec les projets nationaux. On rejoint là la question de l’intégration régionale. Enfin, une autre mesure positive serait d’inclure tous les acteurs pertinents dans les discussions sur les plans de développement décennaux, on peut penser notamment aux ministres du Développement.

LDB : Bien que l’Afrique soit de plus en plus en mesure de financer elle-même son développement, on a l’impression au niveau de la gouvernance que ce sont toujours l’extérieur et les bailleurs de fonds qui dictent la politique de développement du continent. Est-ce différent en ce moment avec les discussions sur l’agenda de développement post-2015 ?
S.E.F. : Il est vrai que l’aide publique au développement a décliné. On cherche maintenant comment inclure le secteur privé dans le financement du développement y compris le secteur privé africain.
Africains et Européens s’efforcent de développer des positions communes sur l’agenda post 2015. Des avancées ont été faites lors du sommet Union africaine-Union européenne du mois d’avril dernier mais les positions ne sont pas encore alignées. L’Afrique a une position continentale commune, lancée à Addis-Abeba au début du mois, qui sera défendue à New York. Les discussions sont en cours pour aboutir à une vision partagée des objectifs de développement du continent. 

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Rose-Marie Bouboutou

Légendes et crédits photo : 

Rapport entre l'aide publique au développement et les ressources étatiques des différents pays africains (crédits African Economic Outlook 2013, OCDE)