Les Dépêches de Brazzaville



Migrations et développement au centre d’un forum à Turin


Le 3è forum mondial sur le développement économique vient de se tenir dans la ville de Turin. Dans la capitale du Piémont italien, des participants venus des quatre coins du monde se sont penchés sur le binôme migration-développement, plus pour en souligner la portée dynamique que le côté fastidieux. L’actualité de ces derniers jours avec des flux migratoires se bousculant aux portes de l’Europe risquant de brouiller le message, les organisateurs ont résolument choisi de proclamer leur parti-pris sur une immigration-atout plutôt que fardeau dans les pays de bien-être.

« Une seule famille humaine, nourriture pour tous » a été le slogan choisi pour cette manifestation. Il a été réaffirmé que « la migration peut être une opportunité de développement. Favoriser la mobilité entre les marchés du travail au niveau local » devient un impératif à double profit. Il a été aussi analysé les nombreuses opportunités de création d’emplois qu’offrent aujourd’hui les réseaux sociaux qui mettent peuples et cultures distants en contact.

Le cinéaste éthiopien Dagmawi Yimer, auteur de nombreux documentaires sur le phénomène des migrations à partir de son pays et de l’Afrique, est venu témoigner sur le double impact qu’il introduit. Une jeunesse dynamique quitte un pays en principe en phase de redynamisation économique et émigre vers des pays souvent en dénatalité affirmée : que disent les pays de départ là où ne semble dominer que la voix des pays d’arrivée des migrants ? Est-ce une gêne pour eux ou plutôt un soulagement de voir s’étioler une jeunesse qui serait autrement une force trop revendicative dans son propre pays ?

L’organisme catholique Caritas est monté à Turin en réaffirmant par la bouche de son secrétaire général, le Français Michel Roy, que le défi qui est aujourd’hui lancé à la famille humaine n’est pas celui des statistiques mais de la solidarité. Les flux migratoires d’aujourd’hui constituent un vrai défi et une urgence humanitaire indéniable. Au nom de Caritas, la Brésilienne Magda Mascarello est intervenue pour illustrer le thème de l’économie solidaire, car les migrants sont aussi protagonistes d’une économie réelle ayant un impact certain sur les sociétés où ils s’établissent. L’argent des migrants renvoyés au pays y fait vivre des secteurs entiers.

Dans un message mardi, le pape François avait souligné que l’objet de toute politique, économique ou financière, est de placer l’homme en son centre comme bénéficiaire exclusive. « Les pauvres ne sont pas que des données, il s’agit d’hommes et de femmes avec chacun son histoire et son parcours ; des êtres égaux en dignité », a rappelé le chef de l’Église catholique.


Lucien Mpama