Escapade africaine : Pointe-Noire, ville océane

Samedi 11 Octobre 2014 - 5:15

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Pointe-Noire, la capitale économique du Congo, appelée populairement Ponton-la-Belle, a fêté son quatre-vingt-dixième anniversaire en 2012. Cette petite métropole d’Afrique centrale d’un peu plus d'un million d'habitants, peu connue hors du Congo, est un moteur essentiel de l’économie du pays

L’apparence robuste de cette ville industrielle est adoucie par ses plages. Elle est la ville du pétrole et de son industrie, le plus grand port en eaux profondes d’Afrique centrale avec de nombreux navires attendant leur déchargement. Ville d'ouvriers et de patrons en puissants 4x4, des expatriés et des pétroliers congolais, ville chaotique, négligée et rustique, elle est ponctuée un peu partout de grands chantiers. Dans la ville de l'argent, dont les habitants sont spécialistes des fêtes, la compétition quotidienne est de boire le plus possible de bouteilles de bière, qui restent exposées sur la table comme des trophées. On appelle cela « le cimetière », allusion à l'alignement des bouteilles sur la table comme dans un cimetière.

À ne pas rater : les processions funèbres de la société Sosep, qui, attention, peuvent aussi vous mener au cimetière si vous ne vous écartez pas assez vite : elles défilent à 150 kilomètres/heure en pleine ville.

Où dormir ?
À l’hôtel Twiga, directement au bord de la Côte sauvage et, presque en face, à l'hôtel Madiba, où le luxe a un prix. L'hôtel Relais du Kouilou, au village de pêcheurs de Matombi, est à 20 kilomètres du centre-ville.

Que voir ?
La gare du CFCO fut construite par le même architecte que la gare de Deauville (France), Jean Phillipot. La Côte sauvage est le lieu de promenade des Pontonégrins, une plage d'un kilomètre de longueur en plein front de mer avec des hôtels et des paillotes populaires où l'on vous sert fruits de mer et poisson grillé. La  Côte sauvage attire les amateur de surf pour ses vagues géantes, très dangeureuses pour les nageurs. Le marché du Fond-Tié-Tié est un pittoresque port d'entrée des marchandises de la Bouenza, avec des prix abordables pour les habitants majoritairement originaire du Pool.
La galerie d'art Bassango est un lieu de spectacles et de rencontres culturelles. Incontournable à Pointe Noire, elle est située au marché du Plateau et gérée par l'infatigable Willy Massamba et son épouse Adriana Bessano. Chaque année, le couple organise un festival de jazz en décembre et des exposition d'artistes de renommée internationale tous les deux mois.
Chez Bibiane, lieu de rencontre des sapeurs de Pointe-Noire, est un bar-restaurant bien caché dans le quartier « Savon le week-end », avec un orchestre de rumba congolaise à l'ancienne. Autre lieu incontournable des amateurs de la Sape, Nganda la Nation au fond-Tié-Tié, une des plus grandes buvettes populaires de la ville avec plusieurs centaines de fêtards chaque nuit,  est ouvert sept jours sur sept de la nuit au petit matin. Budda Bar, une discothèque populaire, est fréquenté par les expats « moundélé » et les élites locales. Matombi est le site touristique de Pointe-Noire par excellence, à quinze minutes de la ville, avec la plage de la baie de Loango et le village voisin Diosso, le musée Mâ-Loango et le palais du Roy de Loango

Qu’acheter ?
Des peintures des artistes de la RP Congo et de la RDC ; des photographies de Valloni, l'incontournable chroniqueur de la ville ; des objets d'art traditionnel au Bassango ; au grande marché, le poisson de mer séché au soleil avec beaucoup de sel, la spécialité de Pointe-Noire ; Amende, le dernier album d'Achille Mouebo ; et des livres : Demain, j'aurai vingt ans et Les Lumières de Pointe Noire d'Alain Mabanckou, le fils de Ponton-la-Belle.

Que manger ?
Chez Gaspard au grand marché, poisson de mer braisé, bouillon sauvage à base de foumboua, poisson fumé et poisson salé mouambé, viande de brousse cuite dans l'huile de palme.

Sasha Gankin