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Mardi 22 Octobre 2013 - 0:01

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La plus grande, la plus grave erreur que nous pourrions commettre, nous, Africains, dans le moment présent, serait de considérer qu’en mobilisant la communauté internationale sur les problèmes qui sont les nôtres, nous pouvons les résoudre sans coup férir. L’expérience a en effet prouvé, sans discussion possible, que ladite communauté est aussi efficace en paroles qu’inefficace en actions, qu’elle discourt à l’infini mais se révèle incapable de mettre de l’ordre là où s’est installé le désordre, qu’elle surestime sa capacité d’intervention et gaspille allègrement l’argent qui lui est donné pour ramener la paix là où elle est menacée.

Soyons donc clairs, même si ce genre de propos ne plaît pas aux technocrates qui gouvernent l’Organisation des Nations unies : la paix ne reviendra en République centrafricaine, comme d’ailleurs chez notre voisine et sœur la République démocratique du Congo, que si les pays d’Afrique centrale, tous les pays d’Afrique centrale sans exception, s’accordent sur la politique à suivre et les moyens à dégager pour mettre fin aux crises qui menacent leur marche vers le développement durable. Autrement dit, si les dix États qui composent la Communauté économique des États d’Afrique centrale décident enfin d’unir leurs forces et de mettre la main à la poche pour combattre le terrorisme qui menace l’un des leurs.

Sans doute objectera-t-on, à New York et ailleurs, que les États concernés n’ont ni les moyens, ni la volonté d’agir ensemble. Mais le « sommet » qui vient de se tenir à N’Djamena démontre le contraire. Non seulement, en effet, il a osé aborder de front les problèmes qui fâchent – celui des intérêts divergents des parties en présence sur le terrain –, mais il a de plus lancé le débat sur la seule voie possible que l’on puisse suivre si l’on veut réellement ramener la paix dans le Bassin du Congo, c’est-à-dire la coopération régionale.

Ne soyons pas naïfs au point de penser que le sommet de N’Djamena permettra, comme par un coup de baguette magique, de résoudre le problème qui se pose à la Centrafrique. Mais réjouissons-nous que le problème soit enfin posé dans le cadre qui est le sien et échappe du même coup au « machin » onusien. L’avancée, même si cela ne se voit pas encore, est considérable.

Les Dépêches de Brazzaville

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