39ᵉ sommet de l'UA : les dirigeants africains affichent leur fermeté face aux menaces sécuritaires
Le nouveau président de l’UA, le Burundais Évariste Ndayishimiye, était déjà depuis juillet 2025 l’« envoyé spécial » de cette organisation pour le Sahel. Sans réintégrer les régimes de l’AES au sein de l’Union, il souhaite contribuer à leur combat contre les groupes jihadistes. « Il faut créer des solidarités entre les États de la région pour combattre ensemble. C'est ce que l'UA est en train de faire pour les aider. Les dirigeants de ces États aussi ont besoin d'être approchés pour chercher le retour rapide à l'ordre constitutionnel et aussi les aider à stabiliser leurs États. L'Union africaine a maintenu la communication avec les États du Sahel pour chercher ensemble des solutions », a-t-il indiqué. Parmi les principales annonces figure la création prochaine d’une « plateforme commune » regroupant dix-huit pays pour coordonner les réponses sécuritaires. Cette initiative vise à renforcer la coopération régionale face à la montée des violences armées, à l’expansion des groupes jihadistes et aux conflits internes qui fragilisent plusieurs États. L’organisation panafricaine a également réaffirmé sa détermination à « faire taire les armes », un objectif inscrit de longue date dans l’Agenda 2063. Si tous les conflits n’ont pas été explicitement abordés publiquement, les dirigeants ont souligné la nécessité d’intensifier les mécanismes africains de prévention et de médiation. Concernant la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo, le nouveau président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, a insisté sur l’importance de l’application des accords de paix conclus à Washington. De son côté, Mahmoud Ali Youssouf a estimé que l’UA devait « piloter » les efforts de médiation, sans laisser l’initiative exclusivement aux partenaires extérieurs. Au-delà des enjeux sécuritaires, le sommet a adopté une position sur les questions mémorielles et géopolitiques. Les chefs d’État et de gouvernement ont reconnu la colonisation comme un « crime contre l’humanité » et réaffirmé leur solidarité avec le peuple palestinien. Dans cette dynamique, le Ghana déposera en mars prochain une résolution à l’Assemblée générale des Nations unies visant à qualifier la traite des esclaves africains de « plus grave crime contre l’humanité ». Eau, intégration et autonomie financière Les travaux ont également confirmé les engagements pris sur l’accès durable à l’eau et à l’assainissement, thème central du sommet. Les États membres se sont engagés à accélérer les investissements dans les infrastructures hydrauliques et à renforcer la gouvernance des ressources, dans un contexte où des centaines de millions d’Africains restent privés d’eau potable. En parallèle, l’UA souhaite approfondir l’intégration économique à travers la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine et renforcer son autonomie financière face à la baisse des financements extérieurs. Fiacre Kombo et Yvette Reine Boro Nzaba Légendes et crédits photo :Les dirigeants africains réunis à Addis-Abeba/DR |