7e art : Liesbeth Mabiala de la passion à l’ambition
Caractérielle, féministe, bosseuse et positiviste, Liesbeth Mabiala a fait ses débuts, en 2002, auprès de la réalisatrice congolaise, Claudia Haïdara Yoka, dans son film « Bozoba ». Rêvant d'une carrière dans le domaine de la réalisation, elle a pris son propre envol en 2011. A son actif, quelques œuvres qui forcent l’admiration telles que Dilemme et Elonga. « Etre une femme dans ce domaine est contraignant. Il faut compter sur soi-même avant d’espérer sur un quelconque partenariat ou sponsoring. Au Congo, nous n’avons pas de producteurs, ni de mécènes. Cela rend le cercle cinématographique tellement fermé et abandonné à son propre sort », a confié la jeune femme. Actuellement, elle travaille sur une série télévisée de dix épisodes de cinquante-deux minutes par saison, intitulée « Duel Matambi », signifiant duel corsé. Dans sa vision de promouvoir la femme, elle met en avant la gente féminine. Cette production dont le tournage s’effectuera à Brazzaville et à Casablanca (Maroc), se veut panafricaniste pour vendre le talent, l’image et les différentes cultures du continent. Ainsi, on y retrouvera des acteurs comme Majid Michel (Ghana), Habi Touré (RCA-France), Augusta Palenfo (Burkina-Faso), Rokhaya Niang (Sénégal), Alain Bomo Bomo et Marie Ines Ayonga (Cameroun) et bien d’autres du Congo et d’ailleurs. A fond dans son premier projet international, Liesbeth Mabiala a déploré le fait que les Congolais focalisent le métier de cinéma sur les rôles d’acteur ou la réalisation. « Le cinéma est un secteur immense regroupant plusieurs compétences : acteurs, réalisateurs, monteurs, accessoiristes, costumières, habilleurs, maquilleurs, directeurs artistiques, etc. J’ai dû recourir à une main d’œuvre extérieure car ici je ne trouvais rien de convainquant. Les opportunités existent mais le manque de formation bloque le progrès du secteur au Congo », a-t-elle dit. La jeune femme forme dans différents métiers du cinéma lors de ses tournages à travers une école d’apprentissage. A l’orée de la célébration de la journée des droits de la femme, Liesbeth Mabiala exhorte les femmes à ne pas se poser de limites car en elles résident les mêmes capacités de réussite que chez les hommes. Jessica Atipo et Gloria Lossele Légendes et crédits photo :Liesbeth Mabiala/Adiac |