Les Dépêches de Brazzaville



Activités culturelles : un bilan à mi-parcours satisfaisant


Les assises de l’Unéac réunissant écrivains, artistes, chercheurs, responsables culturels, ainsi que des partenaires de la culture ont débattu des problèmes qui minent cette organisation culturelle, sous le signe du renouveau. L’objectif principal a été de la restructurer afin de lui permettre de mieux répondre aux défis contemporains des industries culturelles et artistiques au Congo. 

Au terme de ces assises, il a été relevé la nécessité de redynamiser l’Unéac; la prise en compte des autres expressions culturelles en son sein; l’insuffisance des mécanismes de protection sociale des créateurs; la nécessité de renforcer les partenariats avec les institutions publiques et privées; le besoin de promouvoir davantage le livre, les arts et le patrimoine culturel congolais; l’organisation continuelle des festivals, des foires et des symposiums sur les arts et les lettres; le besoin d’un accompagnement de l’Unéac par l’Etat; la nécessité de bénéficier d’un siège social.

L’assemblée générale a élu les membres des organes dirigeants de l’Unéac, conformément aux textes adoptés. Henri Djombo a été reconduit président pour un nouveau mandat, secondé par Alphonse Chardin N’kala comme secteur général; Rony Dévyllers Yala, comme secrétaire chargé de la promotion littéraire; James Gassongo, secrétaire chargé des finances; et Mildred Moukenga, secrétaire chargée de la communication et du numérique. Un commissariat aux comptes de cinq membres, présidé par Rosin Loemba, secondé par Stanislas Okana, puis Crédo Gervine Nkouka née Malela, comme secrétaire comptable, a été mis en place. 

S’agissant des responsables des différentes fédérations, celle des lettres est dirigée par Emile Gankama; celle des Arts oratoires par Alphonse Mafoua; et de la musique par Quentin Moyascko. Mongo Etsion prend les commandes de la Fédération congolaise des Arts plastiques et usuels; Orchidé Nzaba celle de la danse; et Michel Ngami la présidence de la Fédération congolaise du cinéma. Puis, treize délégués départementaux ont été élus. Pour le Kouilou : Jacob Loemba; la Cuvette : Marien Ibara; le  Niari : Henri Yolo Makita; Pointe-Noire : Chancy Abette Mikia Deba; la Likouala : Kem Avenel Iloki; le Pool : Bemi Bemba; la Bouenza : Khevain Doulouth; la Lékoumou : Joseph Litoma; Brazzaville : Ducrest Ndombo; le Djoué-Léfini : Simplice Pikini;  la Cuvette-Ouest : Dimi Ngatse Bouya; la Sangha : Alain Oyandzi; et les Plateaux : Jonas Inko.  Enfin, l’assemblée générale a recommandé au gouvernement de poursuivre son accompagnement en faveur des créateurs et aux collectivités locales de soutenir les initiatives culturelles.

Le ton est donné

Des domaines qui réalisent des prouesses depuis le début de cette année, il y a celui de la musique. Plusieurs productions scéniques ont été organisées dans la ville capitale et ailleurs, tout comme des œuvres phonographiques ont été mises sur le marché du disque. S’agissant des productions scéniques, dans le cadre de la consolidation de la rumba congolaise, l’établissement Makosophie a opté pour l’organisation de quarante-huit concerts et karaokés pour cette année dans sa salle de spectacles. A ce jour, la quasi-totalité des calibres de la musique congolaise s'est déjà produite dans cette salle, à l’instar de Roga-Roga, Kévin Mbouandé, Doudou Copa, Djoson Philosophe, 100% Setho, Elverone Ndinga,  ... Une manière aussi de renforcer la conservation des valeurs artistiques congolaises. Cette ambition de promouvoir la musique nationale est réalisée également par la maison Jeff Monano qui produit régulièrement les artistes musiciens sur scène à Kintélé, en partenariat avec le label 9.4 agences manager d'Homany Akanati. La maison Doumousson d'Olivier Doumou fait autant pour la promotion de la musique congolaise. Il en est de même pour Nexus lounge bar, à Talangaï, le sixième arrondissement de Brazzaville, pour l’organisation pérenne des show cases. «Chaque week-end, je fais jouer les artistes musiciens à Nexus lounge bar. Cela s’inscrit dans le cadre de la promotion de la musique congolaise. L’entrée est libre», a indiqué la responsable de cet espace, Reine Edzan. C’est dire que sur ce domaine de la production scénique, il y a « à boire et à manger ».

Concernant la production phonographique, plusieurs artistes et groupes musicaux ont mis sur le marché du disque leurs opus. Il s’agit des albums pour certains et des maxi singles ou singles pour d’autres. Le dernier en date, c’est l’EP de quatre titres de Roga-Roga intitulé «Bolingo ebomi ngai» mixé à Paris, en France. Il y a aussi le nouveau single de Maxi’Tenace intitulé "Innocent Moweyi", un morceau engagé, désormais disponible sur YouTube. Ce nouveau single est extrait du projet «Masterclass», qui met en lumière une réalité sociale qui interpelle en invitant chacun à dépasser les préjugés et à réfléchir sur les apparences. L’EP «Danger» de Cegra Karl le traumatiseur en fait également partie. Ce maxi single de quatre titres avec un clip promotionnel qui est le titre éponyme est disponible sur le marché du disque.

Pour l'éclosion des talents de la jeunesse congolaise, il est lancé depuis le 31 juillet dernier un concours de musique dénommé "Talents +". Organisé par TPT+, il met aux prises 60 candidats dont 40 dans la catégorie chant (21 candidats de Brazzaville, 17 candidats de Pointe-Noire et 2 candidats de Dolisie) et 20 candidats dans la catégorie danse (15 groupes de Brazzaville et 5 groupes de Pointe-Noire), a révélé le président du jury de ce concours, Jonathan Mobassi, plus connu sous le pseudonyme de Djoson Philosophe. Il connaîtra son épilogue le 26 septembre prochain. Pour cette première édition, une dotation globale de cinq millions FCFA est mise en jeu.

A cela s'ajoute le label Buzitu music, un levier pour le développement de la musique nationale. Le pasteur Massamba, responsable du label Buzitu in music, a eu à organiser une conférence de presse, le 25 mai dernier, à l’allure d’une masterclass. Cette rencontre qui avait pour thème «Vivre de sa musique et comment toucher l’échelle internationale» lui a permis de porter à la connaissance des artistes, des producteurs et managers le bien-fondé de son label conseils, véritable levier pour le développement de la musique congolaise.

La musique gospel n'est pas restée en marge de cette prouesse, le label ATJ Music s'est dit déterminé à la promouvoir en République du Congo. S'agissant toujours de cette musique, l'artiste Leatitia Céleste a lancé un nouveau single intitulé «Lesarwa», chanté en langue vernaculaire "kouyou". Ce single exceptionnel qui intervient après sept années d'hibernation fait partie du projet porté par le concept fort «Le gospel dans ma culture». Pour sa part, la coqueluche de la musique gospel au Congo, la jeune artiste Naphiscat Blessing Mokemo, éblouit ce monde musical avec son nouveau single intitulé «Viens à mon secours», disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légales. Enfin, courant les premiers mois de cette année, il y a eu la première édition du festival Gospel Night, placée sur le thème «Un nouveau départ pour la jeunesse congolaise».

Une littérature florissante et abondante

La littérature congolaise en cette année est florissante et abondante. Les écrivains ont été productifs et variés. Ce qui montre bien que la littérature congolaise est en bonne santé. Parmi les ouvrages parus, il ya «Les malades en vadrouille» de James Gassongo. Ce recueil de nouvelles de 216 pages, publié aux Editions Le Lys Bleu en France, a été présenté et dédicacé par son auteur, devant une kyrielle d'invités à la maison russe de Brazzaville. il met en lumière des personnages qui, malgré leur "maladie" sociale, trouvent des moments de grâce.

L'écrivain Emile Gankama a publié son douzième ouvrage intitulé «Témoigner pour édifier», un livre de 85 pages préfacé par le ministre Juste Désiré Mondélé. Dans cet ouvrage, IL consigne les rencontres citoyennes organisées par le Président de la République, Denis Sassou N'Guesso? à travers les départements du pays entre 2009 et 2025. Des échanges directs avec les forces vives de la nation qui permettent d'aborder sans filtre les maux qui minent la société congolaise.

De son côté, Mertone Anguers a publié deux ouvrages. Le premier, "L'Afrique et le pouvoir du temps long", un ouvrage de 152 pages préfacé par Bélinda Ayessa, qui s’annonce comme un essai de rupture à la fois intellectuel, politique et prospectif. Il ouvre un débat majeur sur la continuité de l’État, la vision à long terme et le contrôle du pouvoir en Afrique. Dans son second ouvrage «L’Afrique face à la parentocratie entre continuité de l’Etat et dérives familiales», de 386 pages publié chez TheBookEdition, le juriste, essayiste et analyste des dynamiques institutionnelles, dans un contexte africain marqué par la quête de gouvernance vertueuse, la consolidation démocratique et la lutte contre les inégalités structurelles, analyse les effets toxiques du népotisme familial sur la gouvernance africaine. Un essai engagé, lucide et nécessaire pour quiconque s’intéresse à l’avenir institutionnel et démocratique en Afrique.

Rice Danielle N'Zonza Koubindama, une jeune écrivaine congolaise, a publié "Ces femmes qui espèrent...Quand la faiblesse révèle la force". Paru en décembre 2025 aux éditions Renaissance africaine à Paris (France), cet ouvrage de 92 pages est une autobiographie, un témoignage qui parle de l’enfance de l’auteure en République du Congo. Un récit vrai, sincère, profondément humain, inspiré de faits réels et d’expériences vécues. Pour sa part, l’écrivain-chercheur Ramsès Bongolo a publié «André Grénard Matsoua». Dans cet ouvrage préfacé par Bélinda Ayessa, l’auteur retrace la trajectoire du bassin du Congo, depuis l’arrivée du navigateur portugais Diego Cão à l’embouchure du fleuve jusqu’aux proclamations des indépendances en 1960. Bien d'autres écrivains ont publié courant cette année, à l'instar d'Aubin Banzouzi qui a mis sur le marché «La semaine africaine», un recueil de nouvelles pour promouvoir la vie et la dignité humaine...

Des colloques

L'année en cours est marquée également par la tenue des colloques d'une importance si capitale. Il s'agit, entre autres, de la première édition des Journées panafricaines des Amazones. Ce colloque international organisé les 3 et 4 juillet a porté sur le thème «Sur les traces des Amazones». Cette première édition était placée sous le parrainage de la directrice générale du mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza, Bélinda Ayessa, sa marraine. La prochaine sera placée sous le parrainage de la présidente du Conseil départemental et municipal, maire de la ville de Pointe-Noire, Evelyne Tchitchelle, sous la coordinationation de Jacques Akodjenou.

Un autre colloque qui a marqué les esprits est celui sur  «La vie et l’œuvre de Mgr Benoît Gassongo», tenu au Palais des congrès de Brazzaville. Sur le thème «Vie et œuvre de Mgr Benoît Gassongo», les participants à ce colloque international ont recommandé, entre autres, la débaptisation d'un établissement scolaire public d’enseignement primaire ou secondaire du pays au nom de Mgr Benoît Gassongo. Pour la petite histoire, le 28 novembre 1958, c’est Mgr Benoît Gassongo qui prononça l’homélie lors de la proclamation de la République à la basilique Sainte-Anne de Brazzaville. Un symbole fort: la spiritualité au service de la nation naissante.


Bruno Zéphirin Okokana

Légendes et crédits photo : 

1- Un sourire radieux entre le ministre de la Culture, Jean Claude Gakosso, et le président de l’Unéac, Henri Djombo / DR 2- Le pasteur_Massamba et la sœur Credo posant avec les artistes/ Adiac 3- L'affiche de l'EP "Danger" de l'artiste musicien Cégra Karl /Adiac