Assemblées annuelles de la BAD : gouverneurs et dirigeants d’institutions financières se rencontrent à Brazzaville
« Derrière cette thématique, le Congo a sa vision complémentaire qui est celle de bâtir des infrastructures de transport et d’énergie résilientes et durables pour promouvoir l’intégration africaine », déclarait le ministre congolais de de l’Economie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective, Ludovic Ngatsé, par ailleurs président du Conseil des gouverneurs, dans une interview accordée à la presse nationale quelques jours avant l’ouverture des travaux. Evénement statutaire le plus important de l’institution, ces assemblées se tiennent dans un contexte international actuel, marqué par une baisse significative de l’aide publique au développement. A ce titre, elles permettront aux actionnaires du Groupe de la BAD de dresser le bilan des progrès accomplis au cours de l’année écoulée et de réfléchir à la mise en œuvre des nouvelles priorités des quatre points cardinaux, piliers du développement durable de l’Afrique appelée à innover, identifier et, surtout, mobiliser ses propres ressources pour financer son développement, notamment grâce à la Nouvelle architecture financière africaine proposée par le Groupe de la BAD. Tribune unique sur des questions clés concernant le développement de l’Afrique pour les représentants des gouverneurs et l’ensemble des participants, les assises de Brazzaville offrent une occasion aux dirigeants africains et aux actionnaires du Groupe, aux représentants de la société civile et du secteur privé de débattre des enjeux économiques de l’heure. « Ces Assemblées tombent très bien pour le Congo, parce que nous sommes au début d’un quinquennat qui veut dire un nouveau Programme national de développement qui intègre une nouvelle vision qui est celle de Congo 2063 », a estimé le ministre Ludovic Ngatsé. Durant ces Assemblées, il sera également question de statuer sur la création d’une future banque de financement des infrastructures. Une initiative visant à laisser les petits projets aux banques de développement régionales afin que la BAD se consacre beaucoup plus aux projets transformateurs de l’Afrique. Outre les réunions statutaires des gouverneurs du Groupe, la Banque et le pays hôte organiseront plusieurs événements de partage de connaissances. Quelles perspectives de croissance pour 2026-2027 ? Lors des dernières Assemblées annuelles à Abidjan, la BAD projetait les taux de croissance pour l'Afrique en 2025 et 2026 qui devraient surpasser la moyenne mondiale ainsi que celle des autres régions, à l'exception de l'Asie émergente et en développement. Toutefois, soulignait l’institution, les perspectives de croissance varient considérablement selon les régions. L’Afrique de l’Est arrivant en tête avec une croissance projetée de 5,9 % en 2025-2026, portée par la résilience de l’Éthiopie, du Rwanda et de la Tanzanie. L’Afrique de l’Ouest maintient une croissance solide de 4,3 %, tirée par la mise en production de nouveaux gisements de pétrole et de gaz au Sénégal et au Niger. S’agissant de l’Afrique centrale, la croissance devrait ralentir à 3,2 % tandis que l’Afrique australe ne progresserait que de 2,2 %. D’après le rapport annuel de la Banque sur les performances et perspectives macroéconomiques du continent, présenté en 2025 à Abidjan, en Côte d'Ivoire, en marge des 60es Assemblées annuelles, d’importants défis persistent. Créée le 4 août 1963 à Khartoum, au Soudan, la BAD dont le siège est basé à Abidjan vise à contribuer au développement économique et social des pays membres de la région, en mobilisant des ressources pour promouvoir les investissements dans divers secteurs.
Guy-Gervais Kitina Légendes et crédits photo :L'affiche des Assemblées annuelles de la BAD à Brazzaville / DR |