Les Dépêches de Brazzaville



Assemblées annuelles de la BAD: le Congo renforce son engagement vers l’industrialisation


Les discussions tenues en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) ont permis de cerner les défis liés à l’industrialisation du continent. S’exprimant à cette occasion, le ministre congolais du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la Promotion du secteur privé, Michel Djombo, a salué les efforts entrepris au cours de ces dernières années par le continent, y compris la République du Congo, en posant les bases d’une transformation économique.

L'Afrique fait face à un moment décisif de sa trajectoire économique. « Nous avons l’impératif devoir de transformer nos ressources en richesses durables et d’adopter des modèles de croissance moins dépendants de l'extraction des matières premières », a affirmé Michel Djombo. Ce constat est d'autant plus pertinent pour la République du Congo, qui cherche à sortir de son ancien modèle économique.

L’intervenant a partagé les résultats de l’Indice de l’industrialisation, plaçant le Congo au 22ᵉ rang continental avec un score de 0,5547 en 2024. Bien que le pays ait été parmi les dix économies industrielles les plus dynamiques entre 2015 et 2017, le ministre a exprimé sa détermination à accélérer les réformes nécessaires, en soulignant un potentiel industriel encore sous-exploité. Les chiffres avancés sont jugés encourageants, car la valeur ajoutée manufacturière représente environ 18,2 % du produit intérieur brut (PIB), et l’investissement direct étranger a connu une reprise significative. Cependant, de nombreux défis demeurent, notamment un secteur manufacturier peu intégré et des contraintes logistiques.

Pour remédier à ces défis, le gouvernement congolais a lancé une nouvelle politique industrielle axée sur la transformation des matières premières sur place. « Les Zones économiques spéciales seront des points d’ancrage pour notre vision d’industrialisation, favorisant un environnement propice à la création d'emplois et à l'attractivité », a promis Michel Djombo. Le ministre a également insisté sur l’importance des données et des statistiques pour piloter efficacement l'industrialisation, affirmant qu’« on ne peut pas décider sans mesurer rigoureusement ». Pour lui, ces outils doivent devenir des instruments de gouvernance, permettant de détecter les secteurs compétitifs et d’orienter les investissements.

Les partenariats avec les investisseurs ont été également mis en avant. Le Congo est invité à impulser une dynamique positive, en attirant davantage de capitaux et en favorisant un climat d'investissement transparent et opportun. Selon chef de bureau Afrique de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel, Victor Djemba, le pays doit passer à l’échelle supérieure, en dépit des progrès enregistrés. « Le développement de nouvelles infrastructures et un meilleur accès au financement seront déterminants pour mobiliser les ressources nécessaires à la transformation économique », a-t-il lancé.

 

 


Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Les participants à la discussion stratégique /DR