Baccalauréat 2026: trois nouveaux admis autochtones accompagnés par l’ONG Espace Opoko
Au-delà de leur réussite personnelle, ces trois jeunes incarnent une évolution profonde. Car, il y a encore quelques années, voir un enfant autochtone accéder à l’université relevait presque de l’impossible. Aujourd’hui, chez Espace Opoko, l’annonce de nouveaux bacheliers est devenue un rendez-vous annuel. « Chaque année, nous accompagnons de nouveaux jeunes vers l’enseignement supérieur. Pour nous, ce n’est plus un exploit isolé, mais le résultat d’un accompagnement qui fonctionne », a expliqué Averty Ndzoyi, le président fondateur de cette ONG . Parmi les nouveaux admis, le parcours de Romuald Atta revêt un caractère particulier. Originaire du village Béné Eniama, il devient le premier élève autochtone admis au baccalauréat au lycée Henri-Lopez de Gamboma, après plus de cinquante ans d’existence de cet établissement. Quelques années auparavant, Espace Opoko avait pris la responsabilité de lui louer une petite chambre à Gamboma afin de lui permettre de se rapprocher du lycée pour obtenir son baccalauréat et poursuivre les études universitaires. Le parcours de Beauchancy Malouono Tsiba illustre, lui aussi, les effets d’un accompagnement de longue durée. Il fait partie des tout premiers enfants intégrés au programme d’Espace Opoko. Pendant toutes ses années de lycée, il a été hébergé à l’internat scolaire pour lycéens autochtones construit par cette ONG à Sibiti, où il a pu étudier dans un environnement stable. Aujourd’hui, il rejoint à son tour l'université. Quant à Reine Batsimba, sa réussite confirme également les progrès réalisés en faveur de la scolarisation des jeunes filles autochtones, longtemps confrontées à des obstacles supplémentaires dans leur parcours scolaire. Créér des conditions idoines pour l’enseignement des enfants autochtones Pour Espace Opoko, ces résultats rappellent une réalité souvent ignorée : les enfants autochtones ne manquent ni d’intelligence ni de volonté. Ce qui leur fait défaut, ce sont les conditions nécessaires pour apprendre dans la durée. Lorsqu’ils bénéficient d’un suivi scolaire, d’un logement adapté, d’une alimentation suffisante et du matériel indispensable, ils obtiennent les mêmes résultats que les enfants bantous. Ces trois nouveaux bacheliers rejoindront prochainement les étudiants déjà accompagnés par Espace Opoko à Brazzaville. Mais cette nouvelle étape s’accompagne d’un défi majeur. L'ONG doit trouver les moyens supplémentaires pour louer d’autres appartements, les nourrir, les transporter et s’occuper des frais universitaires. A cet effet, elle lance un appel aux autorités congolaises afin qu’une réflexion soit engagée pour la mise à dispostion de bourses d’études destinées aux étudiants autochtones. Un tel accompagnement permettra à ces jeunes de poursuivre leurs études supérieures dans des conditions dignes et d’éviter que des parcours prometteurs ne s’interrompent par faute de moyens. L’organisation invite également les partenaires techniques et financiers, les fondations et les organismes internationaux à renforcer leur soutien à un programme qui a déjà largement fait ses preuves.
Avec 1 718 enfants actuellement accompagnés, de l’école primaire à l’université, Espace Opoko s’est progressivement imposée comme l’une des principales organisations engagées dans l’éducation des enfants autochtones en République du Congo. Pour ses responsables, ces trois nouveaux bacheliers ne sont pas une fin en soi, mais une preuve supplémentaire qu’investir dans l’éducation demeure le moyen le plus sûr de transformer durablement l’avenir des communautés autochtones. Bruno Zéphirin Okokana Légendes et crédits photo :1- Romuald Atta/ DR
2- Reine Batsimba/ DR
3- Beauchancy Malouono Tsiba/ DR |