Les Dépêches de Brazzaville



Banque : 2,5 milliards USD de prêts et avances entre janvier et septembre 2016


2016 reste une année difficile pour les acteurs du secteur financier. Déjà il y a les premiers signes révélateurs d’un problème à la fin de 2015. Après cinq années ininterrompues de croissance et de stabilité de l’ensemble du cadre macro-économique, la RDC allait payer le prix fort de la dépendance de son économie à l’exportation des produits de base. Les cours mondiaux sont en baisse avec le ralentissement de l’économie de la Chine, partenaire privilégié de l’Afrique. Et cette conjoncture difficile va s’étendre dans la durée, entraînant la chute des recettes des exportations de l’État, la révision à la baisse à plusieurs reprises du taux de croissance, la surchauffe du marché de change, le retour de l’inflation, la réduction des réserves en devises étrangères, etc. Bien entendu, le secteur bancaire a suivi de près cette évolution de la vie économique. Pour nombre d’experts, il n’était pas prudent pour le secteur bancaire de se lancer dans des projets ambitieux.

Mais que constate-t-on ? D’abord, le volume de crédit a bien évolué, peut-être plus timidement que les dernières années. La BCDC est la banque qui a pris le plus de risque que les autres, si l’on juge par son écart écrasant avec les autres dans le top cinq des banques qui ont octroyé le plus de prêts d’une année à une autre. Cinq banques ont prêté 20 millions et plus. Cinq autres banques dix millions et plus. Pour sa part, la Banque mondiale a salué la montée des prêts en monnaie nationale. En 2014, cette hausse a représenté plus de 97 %, contre 20 % en 2013. La Banque mondiale fait remarquer que le volume général du crédit au secteur privé reste quand même très faible. Il faut savoir que le secteur des infrastructures exige des investissements de plus de 10 milliards de dollars USD.


Laurent Essolomwa