Les Dépêches de Brazzaville



Bilyf 2026 : la jeunesse au cœur des questions africaines


La cérémonie d’ouverture a été marquée par une série d’allocutions soulignant l'importance de l'exercice de simulation qui va bien au-delà du simple jeu de rôle. Dans son discours inaugural, le président du Bilyf, Précieux Massoueme, a tenu à rendre un vibrant hommage au président de la République, Denis Sassou N'Guesso, qu'il a qualifié de « véritable modèle de leadership et une grande école pour la jeunesse ». Il a également salué la présence du ministre délégué chargé de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Prince Michrist Kaba Mboko, dont la participation témoigne l’intérêt constant du gouvernement pour la formation des futures élites. « Cette simulation n'est pas un simple exercice académique. Elle est une école de citoyenneté, un laboratoire de leadership et une tribune où la jeunesse africaine prend la parole pour imaginer le continent de demain », a-t-il déclaré, invitant les délégués à incarner avec sérieux et conviction les hautes fonctions qui leur sont confiées pour la journée.

Conçue selon les standards des grandes conférences internationales, la simulation a eu pour ambition de plonger les 216 jeunes délégués dans les rouages de la diplomatie multilatérale. Ils ont endossé les rôles de chefs d’État, de ministres des Affaires étrangères, de ministres de l'Emploi ou encore d’ambassadeurs. Leur mission consistait à négocier, défendre les positions de leurs pays respectifs, rechercher des compromis et adopter des résolutions, en suivant rigoureusement les règles protocolaires et les procédures officielles de la Conférence de l'Union africaine.

L'événement a eu également une dimension panafricaine avec la participation d'une délégation du Gabon et de dix-neuf jeunes venus de la République démocratique du Congo, illustrant l’attractivité grandissante de cette initiative.

Le représentant du ministère des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Garrec Destini Milandou, a souligné la pertinence du thème, rappelant que la révolution numérique est un levier incontournable pour le développement. Il a insisté sur la nécessité de former, d’accompagner et d’intégrer les jeunes dans cette dynamique pour éviter une « marginalisation sans issue ».

Pour sa part, le représentant de la Commission de l’Union africaine, Pempho Chabvuta, a livré un discours percutant, interpellant les délégués sur les choix cruciaux pour l’avenir du continent. Il a mis en avant des initiatives phares comme « 1 million next level initiative », visant à connecter 300 millions de jeunes Africains à des opportunités d’ici à 2030, et a exhorté les jeunes à développer des compétences numériques et à considérer l’Afrique comme leur plus grand marché. « L'Afrique n'a pas besoin de spectateurs, elle a besoin de bâtisseurs, d'innovateurs et de diplomates », a-t-il martelé, avant de saluer le travail des organisateurs et d’exprimer l’espoir que cette initiative inspire d’autres capitales africaines, de Kigali à Nairobi en passant par Le Caire.

Prenant la parole, le ministre délégué chargé de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Michrist Kaba Mboko, a ouvert les travaux en rappelant que l’avenir de l’Afrique ne se joue ni dans ses sous-sols ni dans ses seules ressources naturelles, mais dans l’intelligence, la créativité et l’engagement de ses jeunes. Il a salué l’ambition du Bilyf, qui s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Au-delà des compétences techniques, il a insisté sur l'importance d'un civisme numérique pour contrer les dérives et faire du numérique un vecteur d’inclusion et de développement. Il a conclu son discours par une note d'espoir: « L'avenir de l'Afrique a déjà un visage. Il a votre visage »

Au terme de la cérémonie, les délégués se sont dirigés vers les commissions de travail pour entamer les débats. Des trophées ont été décernés aux meilleures délégations, récompensant leur esprit de négociation, leur maîtrise des procédures diplomatiques et leur capacité à proposer des solutions innovantes. Les recommandations issues des travaux nourriront la réflexion des décideurs pour bâtir une Afrique plus inclusive et tournée vers sa jeunesse.


Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

1- Les officiels /Adiac 2- Les jeunes participants à l'événement /Adiac