Bouenza : des cadres locaux formés au suivi-évaluation des projets
Pour les organisateurs, précisément l’Association congolaise de l’évaluation (ACE), l’African Capacity Building Foundation, ainsi que le ministère de la Réforme de l’État et des Relations avec le Parlement, l’enjeu dépasse la simple acquisition de connaissances techniques. Il consiste à faire de l’évaluation un véritable outil d’aide à la décision, capable de renseigner les responsables sur les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les ajustements nécessaires. Selon le président de l’ACE, Daniel Mikayoulou, le choix de Madingou traduit la volonté de sortir d’une approche essentiellement centralisée de l’évaluation. « En République du Congo, les initiatives de renforcement des capacités et de plaidoyer en matière d’évaluation se concentrent presque exclusivement au niveau central, dans la capitale », a-t-il relevé. Le déplacement du « Carrefour de l’évaluation » vers la Bouenza constitue, d’après lui, une innovation à la fois géographique et méthodologique. Le but est de donner aux acteurs locaux les compétences nécessaires pour suivre les actions engagées dans leurs territoires et apprécier leurs résultats. Pour le préfet de la Bouenza, Marcel Nganongo, la démarche répond à la nécessité de faire de l’évaluation un outil au service de la gouvernance locale. « La culture de l’évaluation ne doit pas demeurer l’affaire des seules administrations centrales. Elle doit se faire au plus près du terrain », a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux. Le préfet estime que le renforcement des compétences des cadres, des agents, des élus et des acteurs de la société civile peut contribuer directement à améliorer la qualité de la gouvernance et l’efficacité des actions de développement dans le département. À ses yeux, une action publique efficace suppose de disposer d’informations fiables pour mesurer ce qui a été programmé, ce qui a été réalisé et ce qui doit encore être amélioré. « Il n’y a pas de bonne gouvernance sans données probantes », a-t-il insisté, considérant l’évaluation comme un instrument permettant de comprendre ce qui fonctionne, de corriger ce qui doit l’être et de mieux orienter les politiques et projets au bénéfice de la population. Maintenir les partenariats Au terme des deux jours de travaux, trois principales recommandations ont été formulées par les participants et les organisateurs. Il s’agit, en premier lieu, de poursuivre le renforcement des capacités à travers des sessions de perfectionnement et un accompagnement de proximité. La deuxième recommandation porte sur le renforcement de la participation des femmes et des jeunes évaluateurs émergents. Enfin, les participants ont préconisé la pérennisation du partenariat entre le département de la Bouenza, l’ACE et les partenaires techniques et financiers.
Fiacre Kombo Légendes et crédits photo :Les acteurs locaux participant aux échanges /DR |