Candidature de Macky Sall à l’ONU : une ambition mondiale qui divise DakarL’ancien président du Sénégal, Macky Sall, entre dans la bataille pour le poste de secrétaire général de l’ONU. Une candidature aux allures de revanche diplomatique qui intervient quelques mois après son départ du pouvoir et qui révèle les nouvelles batailles d’influence africaines sur la scène multilatérale. Selon plusieurs médias sénégalais, près de 285 personnalités ont signé une déclaration de soutien à son ambition internationale. Parmi elles figurent d’anciens Premiers ministres, des ex-ministres, des parlementaires, des responsables administratifs ainsi que plusieurs anciens dirigeants d’institutions nationales. Cette mobilisation témoigne de la solidité du réseau politique construit par Macky Sall durant ses douze années au pouvoir entre 2012 et 2024. Les soutiens de l’ancien chef d’État mettent en avant un parcours institutionnel rare sur le continent. Avant d’accéder à la présidence sénégalaise, Macky Sall a été maire de Fatick, ministre, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale, avant de devenir chef de l’État. À l’échelle régionale et continentale, il a également présidé la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest et l’Union africaine, renforçant son profil diplomatique. « Son expérience fait de lui un candidat crédible pour représenter l’Afrique à la tête de l’ONU », affirment ses partisans. L’argument n’est pas anodin. Depuis la création de l’ONU en 1945, aucun Africain francophone n’a dirigé l’organisation. Seuls Boutros Boutros-Ghali (Égypte) et Kofi Annan (Ghana) ont occupé cette fonction pour le continent africain. Mais cette candidature se heurte à une faiblesse majeure : l’absence, pour l’instant, d’un soutien officiel de l’État sénégalais dirigé par Bassirou Diomaye Faye. Cette réserve traduit les recompositions politiques internes depuis l’alternance de 2024 et pourrait fragiliser sa campagne internationale. Sur le plan géopolitique, la bataille s’annonce rude. Le prochain secrétaire général devra obtenir l’appui des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Chine) sans veto. Dans un contexte mondial marqué par les guerres, la crise climatique et les fractures Nord-Sud, Macky Sall mise sur son image de médiateur africain et sur le poids démographique d’un continent de 1,5 milliard d’habitants pour porter sa candidature. Au-delà de sa personne, cette ambition reflète une volonté croissante de l’Afrique de peser davantage dans la gouvernance mondiale. Reste à savoir si cette dynamique continentale suffira face aux logiques de puissance qui structurent encore l’ONU. Noël Ndong |